Bruxelles/Rome, 04/07/2014 (Agence Europe) - L'Italie et l'Allemagne ont tenté de calmer le jeu, vendredi 4 juillet, après une passe d'armes d'une semaine sur l'interprétation des règles budgétaires européennes.
« Il n'y a pas de polémique avec l'Allemagne » et « notre problème n'est pas l'Allemagne, mais l'Italie » qui doit être capable de se réformer, a déclaré le Premier ministre italien, Matteo Renzi, à l'issue de la réunion à Rome entre le gouvernement italien et la Commission européenne marquant le coup d'envoi de la Présidence italienne du Conseil de l'UE. « Il n'y a pas de divergences sur le Pacte de stabilité et de croissance », a indiqué le porte-parole de la chancelière allemande, Angela Merkel, depuis Berlin.
Fin juin, le Conseil européen a estimé que les politiques favorables à la croissance économique devaient faire jeu égal avec celles garantissant la stabilité budgétaire (EUROPE 11110). À ce titre, il avait requis d'« utiliser au mieux la flexibilité qui est inscrite dans l'actuel Pacte de stabilité ».
« En Europe, on a un pacte de stabilité ET de croissance », a réitéré M. Renzi, pour qui « ce n'est pas l'Italie qui demande plus de flexibilité » celle-ci étant utile pour toute l'Europe. Il revient désormais à notre pays de poursuivre les réformes structurelles, a-t-il souligné. À ce titre, les autorités italiennes promeuvent désormais un agenda complet de réformes censé durer '1 000 jours', à partir de septembre prochain.
Malgré une tentative d'étouffer la polémique naissante, d'ailleurs largement alimentée par la presse italienne, le jeune Premier ministre italien n'a pu s'empêcher de réagir aux récents propos du patron de la Bundesbank, Jens Weidmann, selon lesquels l'endettement ne peut pas être le moteur de la croissance. « L'Europe n'appartient pas aux banquiers mais aux citoyens », a-t-il lancé, demandant à la BuBa de ne pas intervenir dans le débat politique italien. Ce à quoi le porte-parole de la chancelière allemande a répondu en mettant en avant la nature indépendante de la banque centrale allemande.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, a évoqué un débat « parfois exagéré ». Lors du sommet européen, « aucun Premier ministre n'a demandé une révision des règles » qui doivent donc être respectées « à 100% », a-t-il estimé. Il a plaidé pour une application « intelligente » du Pacte de stabilité et de croissance, considérant comme « une erreur d'être obsédé par la consolidation » budgétaire. « Si un pays produit des résultats sérieux en matière de réformes structurelles, il y aura plus de flexibilité dans l'application des règles », a-t-il souligné, voyant d'un bon oeil l'agenda des '1 000 jours' élaboré par le gouvernement italien. Selon lui, l'Italie a besoin de renforcer sa compétitivité. « Pour cela, nous avons besoin de rigueur budgétaire mais aussi d'investissements. Sinon, il n'y aura pas de croissance et s'il n'y a pas de croissance, il n'y aura pas d'emplois », a-t-il indiqué.
M. Barroso a aussi rappelé qu'avec la dernière révision du Pacte (paquets législatifs '2 pack' et '6 pack'), la Commission utilise déjà la marge de flexibilité introduite en mettant notamment l'accent sur la réduction des déficits publics en termes structurels afin de tenir compte du cycle économique. D'où l'octroi de délais supplémentaires pour atteindre les objectifs fixés dont « l'Espagne, la France, la Grèce, l'Irlande et le Portugal » ont bénéficié, a conclu M Barroso. (MB et CG)