Rome, 04/07/2014 (Agence Europe) - Le Premier ministre italien, Matteo Renzi, a appelé, vendredi 4 juillet, à une stratégie sur la Méditerranée, alors que la migration est une des priorités de la présidence italienne. « La Méditerranée n'est pas uniquement la mer de l'Italie mais une frontière, au coeur de l'Europe. Il faut une politique européenne, un renforcement de Frontex (l'agence européenne qui coordonne l'action de l'UE à ses frontières extérieures), un Frontex plus qui nécessite davantage d'investissements à décider » au niveau communautaire, a estimé M. Renzi lors de sa conférence de presse commune avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à l'issue du traditionnel voyage du collège des commissaires dans le pays de présidence tournante.
Revenant sur les milliers de migrants qui tentent d'atteindre les côtes européennes, en particulier italiennes, M. Renzi a expliqué qu' « aucune nation civilisée ne peut se contenter de regarder ce qu'il se passe. Nous ne pouvons pas laisser des bateaux couler seulement parce que nous ne savons pas qui est compétent pour gérer cela ». L'Italie gère l'opération 'Mare Nostrum', mais souhaiterait être progressivement remplacée en cela par Frontex. Mare Nostrum, l'opération de sauvetage en haute mer lancée par l'Italie l'automne dernier à la suite de deux terribles naufrages de migrants ayant fait plus de 400 morts, continuera d'exister, a-t-il encore souligné. « Mare Nostrum continue parce que certains jettent des enfants dans un bateau qui part à la dérive, un peuple civilisé sauve ces enfants », a poursuivi M. Renzi.
Le président du Conseil italien a souligné la nécessité de se concentrer sur la Libye. « Environ 96% des migrants qui choisissent de traverser la Méditerranée viennent de Libye », a rappelé M. Renzi. Selon lui, il faudrait aider les autorités libyennes « à tous les niveaux à mettre en oeuvre les résultats des élections » du 25 juin et « permettre au nouveau gouvernement de demander l'assistance du Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) ». Il faudrait ainsi autoriser le HCR à se rendre le plus rapidement possible en Libye pour qu'il aide le nouveau gouvernement libyen à gérer les flux de migrants et réfugiés, a dit le Premier ministre italien. Il faudrait, selon lui, voir qui est effectivement un demandeur d'asile et qui ne l'est pas.
De son côté, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a salué les efforts de l'Italie pour les migrants. Il a rappelé que la Commission avait appelé à une approche plus coopérative des États membres. « La Commission a besoin de plus de moyens, nous n'avons pas de frégates ou d'avions, mais il faut mieux mettre en commun les ressources », a expliqué le président de la Commission. (CG)