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Bulletin Quotidien Europe N° 10950
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) jai

Peut-être espionné, le portable de Mme Merkel s'invite au Sommet

Bruxelles, 24/10/2013 (Agence Europe) - Cible potentielle des écoutes de la NSA américaine, la chancelière allemande, Angela Merkel, va-t-elle soutenir l'accélération du calendrier de la réforme des règles de protection des données, tout comme la suspension provisoire, demandée mercredi par le Parlement européen, de l'accord Swift/TFTP sur le transfert des données bancaires, comme le lui a demandé le chef de file du S&D Hannes Swoboda ? La question s'est posée jeudi matin à l'aube d'un sommet européen consacré, entre autres, à l'économie numérique après de nouvelles révélations selon lesquelles le portable de Mme Merkel aurait été directement écouté par les services de renseignement américains. Cette information, avancée par l'hebdomadaire Der Spiegel, inquiète le gouvernement fédéral allemand, qui a fait savoir mercredi 23 octobre que la chancelière s'était entretenue par téléphone avec le président Obama à ce propos.

« Le gouvernement fédéral a obtenu des informations affirmant que le téléphone portable de la chancelière pourrait avoir été mis sur écoute par les services américains », indique un communiqué du porte-parole d'Angela Merkel, Steffen Seibert, cité par l'AFP. Barack Obama a, de son côté, démenti toute mise sur écoute du téléphone de Mme Merkel mais les doutes sur de possibles écoutes dans le passé n'ont pas été totalement dissipés.

Lundi, c'est le quotidien français Le Monde qui révélait que des millions de communications de citoyens français avaient été enregistrées par les services américains entre décembre 2012 et janvier 2013. Des informations qui avaient amené le quai d'Orsay à convoquer immédiatement l'ambassadeur américain en France.

Pour quels résultats ? Lors du sommet européen, la France aimerait que ce sujet de l'espionnage et de la protection des données soit discuté de manière plus consistante que prévu, indiquait une source mercredi. L'idée étant d'avoir une vraie « impulsion politique » et un consensus sur une réforme des règles européennes qui serait bouclée le plus rapidement possible. La commissaire Viviane Reding compte elle sur Paris pour qu'elle fasse accepter une réforme pour le printemps 2014. Sur ce sujet, les conclusions provisoires se contentent d'évoquer une réforme et un cadre solide de protection des données pour « l'année prochaine ». Rien ne dit donc à ce stade, relève une source, que ce sera fait d'ici mai prochain, date des élections européennes.

Le Royaume-Uni, les Pays-Bas mais aussi le Danemark sont, pour leur part, déjà opposés à ce calendrier de « 2014 » et ne feront rien pour en préciser davantage la date . « Il faut que l'on s'occupe du contenu beaucoup plus que du calendrier », dit-on du côté du Danemark. L'Allemagne quant à elle, malgré de nombreuses déclarations « protectrices » des Européens avant les élections du mois de septembre, apparaît toujours aussi ambiguë. « On ne sait pas clairement de quel côté le pays se trouve », indiquait encore mercredi une source d'un grand pays. Selon Le Monde, le président français, François Hollande, et Angela Merkel devaient en tout cas se rencontrer jeudi après-midi pour évoquer notamment ce scandale 'NSA'. (SP)

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