Bruxelles, 22/08/2013 (Agence Europe) - Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, a menacé la Syrie, le 22 août, d'une « réaction de force » si le « massacre » à l'arme chimique de la veille, dans la banlieue de Damas, est confirmé. « Si c'est avéré, il faut qu'il y ait une réaction (…) qui peut prendre la forme d'une réaction de force », a expliqué M. Fabius, sans vouloir en dire plus, et n'utilisant pas non plus le terme « militaire ». Il a aussi précisé à deux reprises que cela ne veut pas dire envoyer des militaires sur le terrain, car c'est « impossible », « qu'il n'est pas question de troupes au sol ». En cas de confirmation, M. Fabius a ajouté que ce serait « un carnage épouvantable », qu'il faudra une condamnation de la communauté internationale, et qu'il y a la « possibilité de répliquer », citant le Royaume-Uni et les Etats-Unis « et pourquoi pas les Russes qui ont aussi signé » l'accord international qui interdit l'utilisation des armes chimiques.
Le Conseil de sécurité toujours divisé. « Si le Conseil de sécurité des Nations unies ne peut pas prendre de décision, à ce moment-là les décisions doivent être prises d'une autre façon », a justifié M. Fabius, sans entrer dans les détails. Le ministre a regretté la réponse « ambiguë » du Conseil de sécurité réuni en urgence le 21 août. Le Conseil s'est montré une nouvelle fois divisé, demandant à ce que la lumière sur l'attaque soit faite, mais, sans que ne soit adoptée de déclaration formelle en raison de l'opposition de la Russie et de la Chine. Les Européens ont appelé à ce que la mission des enquêteurs de l'ONU puisse se rendre directement sur les lieux de l'attaque (EUROPE 10904). « Si le régime syrien n'a rien à se reprocher, qu'il laisse les enquêteurs enquêter. Si les Syriens ne veulent pas, cela veut dire qu'ils sont pris la main dans le sac », a souligné le ministre français.
M. Fabius a expliqué avoir eu une « longue discussion », le 21 août au soir, avec le président de l'opposition syrienne, Ahmad Jarba, à la demande de celui-ci. Selon l'opposition, plus de 1 200 personnes sont mortes dans l'attaque. Le régime a démenti. (CG)