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Bulletin Quotidien Europe N° 10903
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) Égypte

L'UE tentera ce mercredi d'établir une position commune

Bruxelles, 20/08/2013 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères se réunissent, ce mercredi 21 août à Bruxelles, pour un Conseil Affaires étrangères extraordinaire consacré à l'Égypte, a annoncé, le 19 août, le Représentant spécial de l'UE pour la Méditerranée, Bernardino León à l'issue de la réunion des ambassadeurs. Ils vont discuter des récents développements dans le pays et examiner des mesures possibles coordonnées au niveau européen pour faire face à la situation et travailler sur un document avec des propositions présenté par Mme Ashton. « L'UE veut répondre à la situation mais rester un acteur constructif pour promouvoir une solution politique », a résumé M. León. Il a précisé que quelles que soient les décisions prises ce mercredi, ce sera en vue d'une solution politique. Le Représentant de l'UE a cependant ajouté que, lors de la réunion des ambassadeurs, « nous n'avons pas discuté de sanctions », et qu'à ce stade il n'a entendu parler d'aucun type de sanctions. « Nous discutons des réponses à la situation d'une façon ouverte et constructive », a-t-il ajouté, précisant que l'UE veut garder les canaux de communication ouverts.

Le 18 août déjà, les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen, José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy, avaient annoncé que l'UE allait adopter des mesures pour promouvoir la fin des violences, la reprise du dialogue politique et le retour à un processus démocratique.

Possible suspension des aides économiques

M. León a expliqué que des propositions seront sur la table des chefs de la diplomatie. « Les ministres ont évoqué de nombreuses possibilités différentes ces derniers jours et (…) une des possibilités est un embargo sur les armes », a-t-il expliqué en réponse à une question d'un journaliste sur l'embargo. Le 18 août, la chancelière allemande, Angela Merkel, a considéré que les exportations d'armes pourraient faire « l'objet de mesures qui montrent clairement notre scepticisme quant à ce qui se passe ». Il est cependant peu probable qu'un consensus soit trouvé sur l'embargo. Mais les États membres pourraient se mettre d'accord sur leur coopération militaire nationale avec l'Égypte.

Les Européens pourraient aussi limiter, voire suspendre, leur aide financière à l'Égypte. Si ce soutien n'est pas officiellement suspendu, aucun fond n'a été débloqué à destination du pouvoir en 2012 en raison du manque de progrès dans les réformes, mais des organisations non gouvernementales continuent de bénéficier de l'aide européenne. Le ministre autrichien des Affaires étrangères, Michael Spindelegger, a souhaité, le 18 août, que l'UE suspende son aide de 5 milliards d'euros - subventions et prêts - promise lors de la task force du 14 novembre 2012, aide que l'Égypte n'a pas encore touchée. « Ma demande est que les 5 milliards doivent être freinés jusqu'à ce que le processus revienne à la démocratie », a expliqué M. Spindelegger. Le Qatar s'est déjà dit prêt à compenser tout gel de fonds européens à destination de l'Égypte.

Selon Reuters, citant des sources européennes, l'UE pourrait aussi menacer de suspendre l'accord d'association, signé en 2001, et qui comprend des facilités pour les produits industriels et agricoles.

Les ministres devraient envoyer un message politique à l'Egypte dans des conclusions.

Multiples appels européens à la fin de la violence

Tout l'été, les représentants de l'UE et des États membres ont fait part de leurs inquiétudes quant à la situation dans le pays. « Il n'y a pas d'alternative au dialogue. Toutes les forces politiques égyptiennes doivent s'engager à nouveau dans l'avenir démocratique du pays et s'engager dans un processus politique conduisant à la tenue rapide d'élections et à la mise en place d'un gouvernement civil », ont une nouvelle fois fait valoir MM. Barroso et Van Rompuy, le 18 août, ajoutant que l'armée doit respecter et soutenir ce processus politique. Ils ont « profondément » regretté que les propositions et les efforts internationaux pour la construction de liens et l'établissement d'un processus politique inclusif aient été mis de coté.

Les deux présidents ont rappelé qu'il est « essentiel que la violence cesse immédiatement ». Tout comme Mme Ashton, ils ont précisé la responsabilité particulière des autorités intermédiaires et de l'armée. « La violence et les meurtres de ces derniers jours ne peuvent être justifiés ni tolérés », ont souligné les présidents. « La responsabilité de cette tragédie pèse lourdement sur le gouvernement intérimaire, et sur le leadership politique plus largement », a expliqué Mme Ashton le 16 août, appelant à nouveau, entre autres, toutes les parties à mettre fin aux violences, et à la retenue pour les forces de sécurité. Elle avait déjà réagi deux jours plus tôt à la suite de l'évacuation des places cairotes où se trouvaient des Frères musulmans et des violences qui ont suivi.

Le 7 août, dans un communiqué commun avec le secrétaire d'État américain John Kerry, Mme Ashton avait appelé à un retour à la démocratie en Égypte, après l'échec de la médiation internationale du secrétaire d'État adjoint William Burns et de M. León.

Plus de 850 personnes sont mortes depuis l'évacuation des campements des Frères musulmans au Caire le 14 août. (CG)