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Bulletin Quotidien Europe N° 10899
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) tunisie

Le REMDH et la FIDH dénoncent les brutalités policières

Bruxelles, 30/07/2013 (Agence Europe) - Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH) et la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) ont exprimé, le 30 juillet, leur « vive inquiétude » en observant la dégradation de la situation sécuritaire en Tunisie.

Les deux associations condamnent la « répression et l'usage excessif de la force » à l'encontre des manifestants, dont près de 70 députés, engagés dans un 'sit-in' protestataire devant l'Assemblée nationale constituante (ANC). Les opposants réclament la chute du gouvernement et la formation d'une équipe de « non partisans » pour gérer les affaires courantes et organiser les prochains scrutins. En sus, les manifestants, dont les 70 députés qui ont suspendu leur mandat, demandent que l'Assemblée soit dissoute et que la rédaction de la Constitution soit confiée à des experts en droit.

Le mouvement est né suite au récent assassinat - le 3ème en un an - d'un leader politique partisan d'une Constitution civile et non religieuse et à la multiplication d'actes de violence. Il s'y est ajouté lundi soir une attaque contre des soldats sur un des points culminants du pays (Jebel Chaambi) à la frontière avec l'Algérie. 8 (ou 10, selon les chiffres) militaires sont morts et de nombreux autres ont été blessés dans les rangs de la patrouille tombée, semble-t-il, dans une embuscade dressée dans une zone qui a été le théâtre de combats acharnés entre l'armée et des affiliés à Al-Qaïda selon les officiels.

Le mouvement ne serait pas près de s'apaiser malgré les discours des trois chefs de file des institutions du pays (le président de la république, le Premier ministre et le président du parlement). Leurs « concessions » (fixation d'une date ferme pour les élections, le 17 décembre et un calendrier parlementaire resserré) n'ont pas eu l'écho escompté tant la rupture de la confiance dans le pays est totale, ouvrant la voie à un « scénario à l'égyptienne ». À Tunis comme au Caire, le parti « islamiste » menace de jeter ses troupes dans les rues alors que se poursuit le 'sit-in' devant l'Assemblée.

« À plusieurs occasions, les forces de sécurité ont fait un usage disproportionné de la force occasionnant des blessures. Ainsi plusieurs députés rassemblés sur la place du Bardo devant le siège de l'ANC après avoir suspendu leur participation à l'ANC auraient été brutalisés le 29 juillet matin alors que les forces de l'ordre dispersaient le sit-in », rapportent le REMDH et la FIDH. Elles en appellent aux autorités tunisiennes, leur demandant de « garantir le droit de manifestation et de rassemblement pacifique » et ajoutent que les forces de sécurité ont « la responsabilité de garantir la protection de l'ensemble des manifestants, qu'ils soient partisans ou opposants aux autorités ». (FB)

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