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Bulletin Quotidien Europe N° 10899
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

La Grèce plus exposée à des risques politiques qu'économiques

Bruxelles, 30/07/2013 (Agence Europe) - Le ministre des Finances grec, Yannis Stournaras, s'est rangé du côté de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI), mardi 30 juillet, en estimant que le « grand risque » dans la mise en œuvre du programme d'ajustement grec était politique, plus qu'économique.

Dans une interview accordée à Reuters, M. Stournaras a déclaré ne pas voir de « risque économique ». Il s'inquiète plutôt de la « fatigue des députés (grecs) » qui pourrait créer un risque de nature politique. Selon lui, si ceux-ci ne sont pas convaincus qu'il y a « la lumière au bout du tunnel », alors ils ne voteront pas les mesures nécessaires pour faire avancer le plan d'aide. « C'est le grand risque », a-t-il ajouté.

Lundi, dans un rapport de suivi, la Commission a, une nouvelle fois, souligné qu'une potentielle instabilité politique pouvait miner la mise en œuvre fidèle du programme d'ajustement et retarder la reprise (EUROPE 10898).

M. Stournaras s'est fait l'écho, bien que plus modérément, des critiques émises lundi par le Premier ministre italien, Enrico Letta, sur les erreurs commises par l'UE dans la gestion du dossier grec. Aux yeux de M. Stournaras, les torts sont partagés. « Il y a eu des erreurs énormes de chacun (la Grèce et l'eurozone) », a-t-il déclaré. Il s'est ensuite inscrit en faux contre les projections de la Commission, qui voient émerger un trou budgétaire de 1,75% du PIB en 2015 et de 2% en 2012. Soulignant le lien qui existe entre le budget et les taux de croissance, il a estimé « possible » d'éviter l'émergence d'un tel trou, ajoutant qu'Athènes préparait ses propres prévisions économiques. Dans le scénario où il y aurait effectivement un trou à couvrir, il a exclu d'avoir recours à de nouvelles coupes dans les salaires et les pensions, ainsi qu'à des hausses d'impôts. La solution viendrait plutôt de réformes.

Alors que le dernier rapport de suivi de la Commission a révélé un trou dans le financement du programme de 3,8 milliards d'euros après juillet 2014, M. Stournaras a envisagé d'emprunter à nouveau à ses partenaires européens, ou même aux marchés internationaux, compte tenu des besoins financiers assez minimes du pays.

En débloquant une tranche de 1,72 milliard d'euros, lundi soir, le FMI a souligné « l'engagement continu (de la zone euro) à fournir un soutien financier adéquat à la Grèce sur la durée du programme et au-delà jusqu'à ce que le pays ait récupéré son accès aux marchés, à condition que la Grèce respecte pleinement les termes du programme ». L'institution de Washington a encouragé le pays à entreprendre de plus grandes réformes dans le secteur public, où les efforts n'ont pas été « proportionnels aux problèmes auxquels le pays fait face ». (EL)

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