Bruxelles, 30/07/2013 (Agence Europe) - S'il n'a pas abandonné ses procédures antidumping visant le vin et le polysilicone européens, le gouvernement chinois, réconforté par son compromis avec la Commission sur les panneaux solaires, va faciliter les discussions avec les producteurs européens sur ces deux dossiers.
L'accord conclu ce week-end entre la Commission et le ministère chinois du Commerce sur les exportations de panneaux solaires chinois via un engagement de prix (EUROPE 10898) est sans contrepartie: Beijing n'a pas abandonné ses enquêtes antidumping visant certains produits de l'UE, dont celle lancée en novembre 2012 contre les exportations européennes de silicium polycristallin (ou polysilicone, élément qui entre dans la fabrication des panneaux solaires), ou celle lancée en avril contre les vins européens, en représailles de l'instauration de droits antidumping provisoires contre les panneaux solaires chinois.
Chacune des deux enquêtes antidumping chinoises ira à son terme, a indiqué le commissaire Karel De Gucht lors de sa présentation, à la presse, du compromis sur les panneaux solaires, lundi 29 juillet. L'enquête visant le polysilicone européen doit s'achever en février 2014 avec l'instauration ou non de droits antidumping provisoires chinois contre les exportations de l'UE, et éventuellement des mesures définitives deux mois plus tard. L'enquête sur les conditions de production et de financement des vins européens commercialisés en Chine (EUROPE 10878) doit s'achever en avril 2014 avec l'instauration ou non de droits provisoires puis éventuellement de droits définitifs deux mois plus tard. Des délais qui, dans les deux cas, laissent du temps pour trouver une solution amiable, a laissé entendre M. De Gucht, précisant que le ministère chinois du Commerce « s'est engagé à faciliter les discussions » avec les producteurs.
« J'espère que [la] solution [sur le dossier des panneaux solaires] donnera le ton pour les autres dossiers », a insisté M. De Gucht lundi. « Les Chinois ont le droit de lancer une enquête [sur le vin européen] et ils doivent démontrer des pratiques de dumping. Les producteurs de vins européens assurent qu'ils n'ont pas de pratiques de dumping pour leurs exportations et on va les défendre », a-t-il assuré. L'enquête chinoise vise une quinzaine de subventions différentes dans le secteur viticole européen, dont des régimes nationaux dans le cadre de la politique de développement rural, des programmes de promotion dans les pays tiers et des soutiens pour les caves viticoles. (EH)