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Bulletin Quotidien Europe N° 10897
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) tunisie

Assassinat de Brahmi, l'UE appelle à éviter le piège de la violence

Bruxelles, 26/07/2013 (Agence Europe) - Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, a condamné avec « la plus grande fermeté » l'assassinat à Tunis, jeudi 25 juillet, de l'un des leaders de l'opposition, Mohamed Brahmi, nationaliste arabe de gauche, intervenu le jour de la célébration de l'anniversaire de la République pour lequel la société civile s'était mobilisée pour marquer sa distance avec le parti « islamiste » au gouvernement et ses alliés.

Après cet assassinat politique, le pays est en plein bouleversement et les émotions sont exacerbées. Des heurts ont eu lieu dans la soirée et les principales organisations du pays, en tête le syndicat UGTT, ont appelé à une grève générale, vendredi. Plusieurs partis et mouvements de la société civile ont également appelé à la démission du gouvernement et même, pour certains, à la dissolution de l'Assemblée constitutive.

Dans un communiqué, publié tard dans la journée de jeudi, l'UE, par la voix de Catherine Ashton, qui présente ses condoléances à la famille et aux proches politiques, a appelé « les autorités tunisiennes à faire toute la lumière sur ce meurtre, pour traduire sans délais devant la justice les responsables ». Elle rappelle que « les meurtriers de Chokri Belaïd, assassiné le 6 février 2013, n'ont toujours pas été arrêtés ni traduits devant la justice ». Le gouvernement est accusé d'une part de mansuétude envers les extrémistes de son bord alors qu'il réprime durement des artistes et une Femen devenue l'objet d'une discorde entre lui et la société civile et, d'autre part, de ne pas dire la vérité alors qu'il affirme avoir identifié les assassins de Belaïd. C'est devenu progressivement l'un des éléments qui minent le plus la confiance dans le pays, sans compter les retards sur le calendrier politique. L'UE se dit, elle aussi, « convaincue que la finalisation rapide de la rédaction de la Constitution et l'organisation des prochaines élections générales sont la meilleure réponse à ces lâches attentats ».

Pour Mme Ashton, « ces assassinats politiques représentent des attaques menées par les ennemis de la démocratie contre la République, le peuple tunisien et les valeurs de la révolution du 14 janvier 2011 ». Elle en appelle à la concorde en affirmant qu'il « appartient aujourd'hui aux partis politiques de la majorité et de l'opposition et aux représentants des forces vives de la société tunisienne attachés aux valeurs démocratiques de trouver les compromis nécessaires dans un esprit de consensus, de tolérance et de respect mutuel ». La crainte implicite est de voir la Tunisie glisser dans un scénario à l'égyptienne. Dans les deux pays, les populations estiment que les 'islamistes' ont franchi une ligne rouge et que leurs velléités de mainmise sur les deux pays sont intolérables. D'où l'appel de l'UE à « tous les acteurs politiques, économiques et sociaux ainsi que les militants de la société civile attachés au processus démocratique (d') apporter leur appui à une réponse citoyenne et pacifique au meurtre d'aujourd'hui ».

Le spectre égyptien incite le Parlement à la prudence

De son côté, le président du Parlement européen, Martin Schulz, qui affirme aussi sa « grande émotion », « condamne avec la plus grande fermeté l'assassinat abject ». Il déclare que cet assassinat, comme celui de Chokri Belaïd, « ne doit pas rester impuni ». Le président Schulz semble lui aussi prudent dans son expression, ne voulant tirer aucune conclusion politique, à l'encontre des « islamistes », de la réédition de la pratique des assassinats. Il ne semble pas vouloir, à ce stade, faire un lien entre la dégradation de la situation tunisienne et la situation en cours en Égypte. Il se limite ainsi à « exprimer au nom du Parlement européen toute notre solidarité, de partenaire et de voisin, aux Tunisiens et Tunisiennes ».

Franchissement d'un nouveau seuil

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, par la voix de son président, Jean-Claude Mignon, président, condamne aussi « fermement » cet assassinat après celui de Chokri Belaïd. Le président M. Mignon estime que cet assassinat marque le franchissement d'un nouveau seuil dans l'usage de la violence politique en Tunisie, et vise clairement à déstabiliser le processus de transition démocratique dans le pays. Il intervient alors que le peuple tunisien redouble d'efforts pour se doter d'une nouvelle Constitution fondée sur les principes universels de la démocratie et des droits de l'homme. (FB)

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