Bruxelles, 26/07/2013 (Agence Europe) - Le surplus de l'enveloppe de recapitalisation du secteur bancaire grec ne devrait pas, dans l'immédiat, pouvoir colmater les brèches dans le financement du programme d'ajustement, a indiqué vendredi 26 juillet une source européenne. Cette source a chiffré à 3,8 milliards d'euros le trou qui devrait apparaître en 2014 dans le financement du plan d'aide financier accordé à la Grèce, soulignant au passage le fait que celui-ci était « pleinement financé jusque fin juillet 2014 ».
Conformément à ses pratiques, le FMI exigera, à l'automne, d'avoir une visibilité sur un an dans le financement du programme grec, cette visibilité conditionnant sa participation. Cette source européenne a indiqué que la 'troïka' de créanciers (Commission européenne, BCE, FMI) commencerait à plancher sur la question dans les prochaines semaines, avant sa mission de suivi prévue au mois de septembre. Mi-juillet, la Commission avait précisé que, grâce à une participation plus importante du secteur privé dans le programme de recapitalisation des banques grecques, il pourrait émerger une marge non allouée de l'enveloppe de 50 milliards qui y était dédiée (EUROPE 10890). Un porte-parole de la Commission avait alors expliqué qu'une reprogrammation de ces fonds pour combler un trou dans le financement pourrait être envisagée. Or, comme l'a souligné vendredi cette source européenne, de ces 50 milliards, 25 milliards ont été utilisés pour la recapitalisation des quatre banques systémiques, et 15 milliards pour leur résolution. Resteraient donc potentiellement dix milliards d'euros. Les banques devront se soumettre à de nouveaux tests de résistance ('stress tests') qui détermineront leurs potentiels besoins additionnels au début de 2014. S'il reste de l'argent de l'enveloppe d'aide, « c'est seulement l'année prochaine qu'on le saura, donc ça ne va pas nous aider cet automne », a conclu cette source. Mais de préciser qu'un trou de 3,8 milliards n'était pas « énorme » et qu'il était tout à fait faisable de le combler. Un financement autonome d'Athènes sur les marchés à court terme pourrait être une piste. À noter que l'émergence de ce trou est due à la réticence des banques centrales de l'eurosystème à échanger les titres de dette grecque qu'elles détiennent contre de nouveaux papiers à maturité plus élevée ('roll over'). Cela serait trop proche d'un financement monétaire, a expliqué cette source.
Le financement du programme grec à court terme est pour sa part assuré, le groupe de travail sur l'euro au Conseil ayant donné vendredi matin son feu vert au versement de 2,5 milliards d'euros de l'enveloppe d'aide et 1,5 milliard d'euros de profits engendrés grâce au programme 'SMP' de rachat de titres de dette publique. Ce second montant doit être rétrocédé par les banques centrales de l'eurosystème. Pour s'assurer cette tranche, qui ne sera versée qu'après les feux verts des parlements nationaux, la Grèce a voté, jeudi soir, une loi sur la réforme du code des impôts et le dégraissage du secteur public.
Cette source européenne a enfin jugé que le programme grec était de manière générale sur les rails, malgré des progrès trop lents dans certains secteurs, citant le programme de privatisations. Pour atteindre ses objectifs à cet égard, Athènes devra doubler ses efforts en 2014 car ses objectifs ne seront pas atteints en 2013. Cette source a également salué la consolidation budgétaire entreprise, et a estimé possible qu'Athènes atteigne un excédent primaire à la fin de cette année, mais cela ne sera clair qu'au printemps 2014. (EL)