Bruxelles, 27/08/2012 (Agence Europe) - L'Union européenne a fermement condamné lundi 27 août le massacre perpétré contre des civils à Daraya, dans la banlieue de Damas, en Syrie, où au moins 320 corps ont été retrouvés ce week-end selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). « Nous regrettons et condamnons fermement cette violence. C'est inacceptable », a affirmé Michael Mann, un porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. Les circonstances du massacre de Daraya « ne sont pas tout à fait claires », a rappelé le porte-parole. Mais, a-t-il ajouté, leurs auteurs, quels qu'ils soient, « doivent être punis ».
L'UE « condamne sans réserve les violences perpétrées par le régime (de Bachar Al-Assad) contre le peuple syrien », a rappelé M. Mann avant de plaider pour une « transition démocratique » en Syrie. L'UE soutient « tous les groupes d'opposition qui croient dans les droits de l'Homme et la démocratie », a-t-il dit. L'OSDH affirme qu'au moins 320 corps ont été retrouvés à Daraya, une localité majoritairement sunnite située à 7 km au sud de Damas. L'opposition et des militants ont dénoncé un nouveau « massacre odieux du régime » en diffusant sur Internet des images, non authentifiées, montrant des dizaines de corps gisant dans une mosquée ou dans une tranchée transformée en fosse commune. Maintes fois accusé d'avoir commis des massacres depuis le début du conflit, le régime du président Bachar al-Assad a pour sa part affirmé, via l'agence officielle Sana, que son armée avait « nettoyé » Daraya de « terroristes mercenaires » qui avaient commis des « crimes contre les habitants ». Depuis le début en mars 2011 de la révolte anti-Assad qui s'est transformée en guerre civile face à la répression, les violences ont fait 25 000 morts, selon l'OSDH.
Le Royaume Uni s'est dit, dimanche 26 aout, « profondément inquiet » d'un possible « massacre sauvage de civils » à Daraya. De son coté, le ministre italien des Affaires étrangères, Giulio Terzi, a souligné, dans le quotidien La Repubblica du 23 août, que la crise a atteint « un tournant » et qu'il est urgent d'y mettre fin. Le ministre souhaite que l'UE ait « un rôle à jouer sur le front humanitaire et dans la construction des institutions démocratiques syriennes ». Selon lui, le plus urgent est l'assistance « au peuple et à l'opposition syrienne, pour les aider à résister au régime et à se préparer à la transition ». Il faut leur apporter « toute l'assistance possible à la seule exception d'une intervention politique », a-t-il expliqué. M. Terzi a précisé que « dans les prochains jours », une réflexion informelle devrait réunir en Italie « un groupe d'alliés et de pays partenaires pour approfondir le rôle et les responsabilités internationales dans la Syrie de l'après-Assad ». L'Italie a aussi décidé de mettre en place un groupe de travail sur la crise syrienne au sein du ministère des Affaires étrangères. M. Terzi a précisé que la crise est « une priorité absolue de la politique étrangère » de son pays, qui doit « continuer à être à la hauteur de ce défi ».
Par ailleurs, la Turquie a temporairement interrompu l'accueil des réfugiés syriens, le temps de mettre en place de nouveaux camps capables de les recevoir. 7000 réfugiés seraient ainsi bloqués à plusieurs postes frontières. (CG)