Bruxelles, 23/08/2012 (Agence Europe) - Deux ans après une mémorable passe d'armes entre la commissaire Viviane Reding et l'ancien président Nicolas Sarkozy, la Commission européenne a salué mercredi 22 août au soir les annonces du nouveau gouvernement Ayrault relatives à l'intégration des Roms, notamment sur le marché du travail. Elle a par ailleurs appelé Paris à lever l'ensemble des restrictions encore en vigueur dès que possible. Le gouvernement organisait en effet un séminaire interministériel destiné à identifier toutes les mesures devant permettre de mieux intégrer la population Rom. Après une série de démantèlements de camps, ordonnés par la justice et encadrés par le ministère de l'Intérieur et de mesures d'éloignement visant des citoyens roms, la Commission avait souhaité replacer Paris sous surveillance le 10 août dernier, exigeant du gouvernement français qu'il lui adresse avant la fin du mois tous les détails de ces modalités de démantèlement des camps ou d'éloignement des Roms du territoire français. Mercredi matin, la commissaire en charge des Droits fondamentaux, Viviane Reding, avait encore déclaré dans une interview au quotidien belge Le Soir attendre de Paris des « mesures concrètes » en faveur de l'inclusion des Roms, ce dont le gouvernement s'est acquitté.
Certaines décisions annoncées mercredi faciliteront notamment l'insertion par le travail en supprimant la taxe due par les employeurs de Roms à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) et en élargissant la palette des métiers auxquels ils peuvent avoir accès, a annoncé le gouvernement. Celui-ci a encore indiqué qu'il examinerait, après discussions avec les États concernés, la Roumanie et la Bulgarie, l'hypothèse d'une levée anticipée des mesures transitoires qui restreignent l'accès des Roms au marché du travail français. Ces mesures transitoires, en place dans 8 États membres encore, doivent s'appliquer jusqu'à fin 2013 et consistent notamment à demander aux ressortissants roumains et bulgares de disposer d'un permis de travail s'ils souhaitent travailler dans certains secteurs.
La France a également indiqué mercredi vouloir faire de la question 'rom' en Europe l'un des sujets du prochain Sommet européen des 18 et 19 octobre prochains et elle a demandé à la Présidence chypriote de l'UE d'y travailler.
La Commission européenne a en tout cas bien accueilli ces annonces et s'est félicitée de « l'état d'esprit très constructif du gouvernement français dans sa recherche de solutions adéquates, ainsi que sa volonté de coopérer avec la Commission et les autres États membres de l'Union européenne », a indiqué jeudi 23 août le porte-parole Olivier Bailly. La Commission, qui attend toutefois que ces annonces soient suivies d'actions concrètes, s'est aussi dite prête à soutenir le gouvernement français pour « un meilleur encadrement des conditions dans lesquelles les camps sont démantelés ». Elle a notamment insisté sur l'impact social des démantèlements et salué les engagements visant à apporter « des solutions alternatives de logement aux populations concernées », a encore dit M. Bailly. La Commission, a-t-il encore rappelé, a déjà débloqué
470 000 euros de fonds régionaux européens en faveur de projets de villages d'insertion, comme il en existe à Lille et à Lyon. « Reste maintenant à voir le fruit de ces engagements », a encore dit le porte-parole.
Le commissaire en charge de l'Emploi et des Affaires sociales, Laszlo Andor, a lui aussi salué un « pas dans la bonne direction ». De son côté, la Roumanie s'est, elle aussi, félicitée de la décision française d'assouplir les contraintes pesant sur l'accès au travail des citoyens bulgares et roumains, « une des conditions essentielles pour faciliter l'intégration sociale des Roms », a indiqué le gouvernement roumain dans un communiqué cité par l'AFP. (SP)