Bruxelles, 23/08/2012 (Agence Europe) - Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a octroyé aux autorités grecques une « dernière chance » de prouver qu'elles seront en mesure de respecter leurs engagements au titre du 2ème sauvetage financier de la Grèce, mercredi 22 août, à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre grec Antonis Samaras, rapporte l'agence Reuters. « En ce qui concerne le futur immédiat, la balle est dans le camp de la Grèce. En réalité, il s'agit d'une dernière chance et les citoyens grecs doivent le savoir », a-t-il estimé. Il a évoqué une « crise de crédibilité » à laquelle sont confrontés les Grecs tout en rejetant une sortie du pays de la zone euro en raison des « risques majeurs pour l'ensemble de l'Eurozone ».
En premier lieu, le gouvernement de coalition devra marquer un accord sur les 11 milliards d'euros d'économies à approuver sur deux ans. Peut-être 13,5 milliards à cause du retard pris dans la mise en œuvre du 2ème programme grec et de la récession plus grave que prévu. L'objectif fixé dans le mémorandum grec est de ramener le déficit public sous contrôle d'ici 2014. Cela passerait notamment par des mesures impopulaires de réduction des salaires et des pensions supérieures à 800 euros (EUROPE n°10671), et qui risquent d'avoir un effet encore plus récessif. En 2011, le déficit public grec a atteint 9,3%. M. Juncker a exhorté les autorités grecques à faire plus en matière de réformes de l'économie grecque et de privatisations.
Toute décision relative à l'octroi d'une nouvelle tranche d'aide d'environ 30 milliards d'euros ne sera prise que lorsque les ministres européens des Finances auront pris connaissance du rapport final de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) sur l'état d'avancement du 2ème programme grec. Ce rapport sera difficilement finalisé d'ici au Conseil Écofin informel de mi-septembre à Nicosie. Une décision définitive n'est donc pas attendue avant octobre. « Nous attendons le rapport de la 'troïka' et nous déciderons après », a confirmé mercredi la chancelière allemande Angela Merkel, indique l'AFP.
La dirigeante allemande a d'ailleurs prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre à des « solutions » définitives sur la Grèce lors de l'entrevue qu'elle aura avec M. Samaras, ce vendredi à Berlin. « Il ne s'agit pas de questions simplement économiques, mais d'une question profondément politique liée au futur de l'Europe dans son ensemble », a-t-elle considéré mercredi lors d'une visite à Chisinau (Moldavie). Désireux de prouver qu'il mérite la confiance des Européens en respectant ses engagements, le gouvernement grec demande quand même une bouffée d'oxygène. « Un délai supplémentaire ne signifie pas forcément plus d'argent », a déclaré
M. Samaras au quotidien Bild. Jeudi soir, Mme Merkel aura accueilli le président français, François Hollande, pour faire le point sur la crise de la dette souveraine dans l'Eurozone. Samedi, M. Hollande aura lui aussi un échange de vues avec M. Samaras. (MB)