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Bulletin Quotidien Europe N° 10671
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) russie

'Pussy Riot', l'UE condamne le verdict

Bruxelles, 21/08/2012 (Agence Europe) - Les Européens ont dénoncé, vendredi 17 août, le verdict de la cour de Khamovnichesky en Russie, condamnant trois des membres du groupe punk Pussy Riot à deux ans de camp, jugeant la sentence « disproportionnée ».

La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, s'est dite
« profondément déçue » par le verdict, qu'elle a jugé « disproportionné ». Cette condamnation pour avoir exprimé leurs points de vue de façon « pacifique, même si controversée, est profondément troublante », a-t-elle ajouté, s'attendant à ce que le jugement soit examiné en conformité avec les engagements internationaux de la Russie.

Rappelant les rapports de mauvais traitements des trois jeunes femmes lors de leur détention provisoire et des irrégularités signalées lors du procès, Catherine Ashton a précisé que le verdict « suscite l'interrogation quant au respect par la Russie des obligations internationales de procès équitable, transparent et indépendant » et est contraire aux obligations internationales de Moscou en termes de respect de la liberté d'expression.

Les États membres n'ont pas été plus tendres. La chancelière Angela Merkel a critiqué cette peine
« démesurée », qui « n'est pas en harmonie avec les valeurs européennes d'état de droit et de démocratie pour lesquelles la Russie s'est prononcée en tant que membre du Conseil de l'Europe ». Elle a précisé qu'une société civile dynamique et des citoyens engagés politiquement « sont une condition nécessaire à la modernisation de la Russie et pas une menace ». La France a qualifié la sentence de « particulièrement disproportionnée», ajoutant que « la procédure n'est pas terminée, les voies de recours en Russie et à Strasbourg n'ayant pas été épuisées». Pour le secrétaire d'État aux Affaires étrangères autrichien, Wolfgang Waldner, le jugement « est en infraction avec l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'Homme sur la liberté d'expression ».

De son côté, le président du groupe S&D au Parlement européen, Hannes Swoboda, a précisé que le verdict ne pouvait être toléré et accepté. « Nous devons protester contre ce verdict scandaleux qui montre la dépendance de la magistrature. Toutes les institutions et les pays de l'UE doivent prendre une position claire et condamner ce genre de 'justice farce' », a-t-il exhorté, soulignant que son groupe demande un débat urgent lors de la session plénière du Parlement européen de septembre.

De nombreuses manifestations de soutien aux Pussy Riot ont aussi été organisées dans toute l'Europe.

Pour la Russie, un tel verdict est possible au sein de l'UE

Face à l'avalanche de réactions, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a appelé, lundi 20 août, à ne pas « tirer des conclusions trop tôt et tomber dans l'hystérie » précisant qu'il est
« inadmissible de s'ingérer dans le travail des tribunaux ». Selon lui, une telle condamnation est possible dans l'UE. « En Allemagne, le sacrilège dans les églises est passible d'une peine allant jusqu'à trois ans de prison, en France jusqu'à deux ans je crois, en Autriche six mois et en Finlande également deux ans », a-t-il énuméré.

Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Alekhina ont été condamnées le 17 août à deux ans de camp pour « hooliganisme » et « incitation à la haine religieuse » pour avoir chanté dans une cathédrale une prière « punk » demandant à la Vierge Marie de « chasser Poutine » du pouvoir. Elles risquaient 7 ans. (CG)