Bruxelles, 21/08/2012 (Agence Europe) - Le gouvernement français, qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies, a décidé de prendre davantage en main le dossier syrien pour répondre aux critiques de l'opposition, dont celles de l'ancien président Nicolas Sarkozy qui l'accuse d' « attentisme ». Le président de la République, François Hollande, et le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, ont rencontré, mardi 21 août, des représentants du Conseil national syrien, dont son président Abdel Basset Sayda. La veille, ils se sont entretenus avec le nouveau représentant spécial des Nations unies et de la Ligue arabe sur la Syrie, Lakhdar Brahimi, qui a pris le relais de Kofi Annan. M. Brahimi a précisé que la France est « un pays important dans tout ce qui se passe autour de la Syrie » et jugé que sa rencontre avec le président est « un début extrêmement utile » à sa mission. M. Hollande a quant à lui une nouvelle fois souligné qu'il « ne peut y avoir de solution politique sans le départ de Bachar al-Assad » du pouvoir à Damas et qu'il faut « assurer au plus vite une transition politique dans ce pays ». Il a aussi remercié M. Brahimi « d'avoir accepté la difficile mission d'ouvrir de nouvelles perspectives » et l'a assuré de son soutien.
Vendredi, à la suite de l'annonce de la reprise de la mission de M. Annan par M. Brahimi, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a aussi assuré le « plein soutien » de l'UE dans la tâche « extrêmement difficile » de M. Brahimi. Se réjouissant de cette nomination, elle a précisé que ce « diplomate chevronné » a une « connaissance approfondie » de la région. « Il est certainement la bonne personne pour poursuivre le travail » de l'ONU et de la Ligue arabe à la recherche d'une solution pacifique à la crise, a-t-elle ajouté. Elle a aussi appelé la communauté internationale, en particulier le Conseil de sécurité de l'ONU, à lui fournir « son soutien ferme et unifié ».
Mme Ashton appelle le Liban à arrêter les expulsions de Syriens
Plus tôt dans le mois, Mme Ashton s'est dite préoccupée par les rapports de l'expulsion par les autorités libanaises de ressortissants syriens en Syrie. « En tant que partie à la Convention contre la torture des Nations unies, le Liban a une obligation juridique claire que personne ne soit renvoyé ou extradé vers un État où il pourrait être soumis à la torture », a-t-elle expliqué dans un communiqué du 4 août. « Le Liban doit veiller à ce qu'aucune expulsion n'ait lieu en dehors du cadre de ses obligations internationales, et que des procédures efficaces et transparentes soient mises en place, en concertation avec tous les organismes nationaux et internationaux compétents », a-t-elle ajouté. (CG)