Bruxelles, 21/08/2012 (Agence Europe) - Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker est à Athènes ce mercredi, près d'un mois après la visite effectuée par le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso (EUROPE n°10664). Objectif: faire le point sur l'état d'avancement des travaux en Grèce visant à remettre le 2ème programme d'ajustement grec sur les rails, après le retard accumulé depuis le printemps en raison de la crise politique et de la récession économique plus aiguë que prévu. Toute décision de verser une nouvelle tranche d'aide financière à l'État grec ne sera prise - au plus tôt mi-septembre lors du Conseil Écofin informel à Nicosie - que si les créanciers institutionnels ont la certitude que les autorités grecques gardent la situation en main et respectent leurs engagements au titre du 2ème sauvetage financier.
Le Premier ministre grec Antonis Samaras aura à cœur de montrer au chef de l'Eurozone que son gouvernement est à pied d'œuvre. Les autorités doivent entériner de nouvelles mesures impopulaires si elles souhaitent être en mesure de négocier avec leurs créanciers institutionnels une prolongation des délais imposés pour le respect des objectifs budgétaires et la mise en œuvre des réformes économiques.
Formée par les conservateurs de la 'Nouvelle Démocratie' et les socialistes du Pasok et soutenue au parlement par la 'Gauche démocratique', la coalition au pouvoir peine à marquer un accord sur la nature des mesures à prendre. Pour 2013 et 2014, des économies évaluées à 13,5 milliards d'euros seraient désormais envisagées, soit 2 milliards de plus que ce que prévoit le 2ème sauvetage grec, rapporte le quotidien Kathimerini. Malgré les promesses de campagne des partis de la coalition, de nouvelles coupes devraient être opérées dans les salaires et les retraites supérieures à 800 euros. Afin de limiter leur effet sur une population hostile à toute ponction supplémentaire de son pouvoir d'achat, le gouvernement réfléchirait à une introduction progressive de ces coupes. En outre, en vue de réduire progressivement la taille du secteur public grec, un nouveau mécanisme de mise en réserve de fonctionnaires serait à l'étude. Des gages devraient aussi être donnés en matière de privatisation d'actifs détenus par l'État.
Pour M. Samaras, cette rencontre avec M. Juncker apparaît comme une répétition générale du grand oral qu'il passera vendredi à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel, et le lendemain à Paris avec le président français François Hollande. Jeudi soir à Berlin, lors d'un dîner consacré à la crise de la dette souveraine dans la zone euro, les leaders des deux principales économies de la zone euro auront affiné leurs positions vis-à-vis du dossier grec.
Début août aura été plutôt calme sur les marchés financiers. Mardi 21 août, l'Espagne en a profité pour emprunter à court terme à des taux en forte baisse par rapport à une opération équivalente précédente. Reste que le Premier ministre luxembourgeois a soufflé le chaud et le froid à propos de la place de la Grèce dans la zone euro. Cet État membre ne sortira pas de la zone euro « à moins que la Grèce ne bafoue tous ses engagements et ne respecte aucun accord », a-t-il déclaré le week-end dernier au journal autrichien Tiroler Tageszeitung. Au début du mois sur les antennes de la chaîne allemande WDR, il avait néanmoins considéré l'hypothèse d'une telle sortie « gérable » mais pas souhaitable politiquement. La venue du président de l'Eurogroupe sera aussi l'occasion pour M. Samaras de lui demander de clarifier sa pensée.
Dans cette veine, en se déclarant engagé à 100% en faveur de la stabilité de l'euro, le ministre finlandais des Affaires européennes, Alexander Stubb, s'est empressé de minimiser les propos de son homologue aux Affaires étrangères, Erkki Tuomioja, selon lequel les autorités finlandaises ont mis au point un plan d'action en cas d'abandon, par la Grèce, de la monnaie unique. La Finlande a négocié avec la Grèce un accord bilatéral lui garantissant un remboursement privilégié des prêts qu'elle octroie à Athènes. (MB)