Bruxelles, le 27/07/2012 (Agence Europe) - Au nom des créanciers institutionnels de la Grèce, la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) a pressé Athènes de respecter ses engagements au titre du 2ème sauvetage grec, lors d'une rencontre avec le Premier ministre Antonis Samaras, vendredi 27 juillet. Selon Associated Press, qui cite Simos Kedikoglou, porte-parole du gouvernement, elle a insisté sur le fait que « des initiatives doivent être prises pour remettre le programme sur les rails ». Un message également porté jeudi 26 juillet par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, en visite à Athènes, martelant qu'il fallait « des résultats » (EUROPE n° 10664).
Lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Barroso, qui s'est tenue à l'issue de leur rencontre, Antonis Samaras a assuré que son pays ferait tout ce qu'il pourrait pour remettre le programme sur les rails. Des propos qu'il a également tenus à ses créanciers institutionnels vendredi, ajoutant qu'il soulèverait la question du réajustement du mémorandum grec lors du prochain sommet européen, en octobre prochain. M. Barroso avait quant à lui réitéré le soutien conditionnel de son institution envers Athènes: la place de la Grèce reste « au sein de la zone euro » tant que les engagements sont honorés (EUROPE n°10664).
Le gouvernement de coalition mené par Antonis Samaras devait approuver jeudi 26 juillet le programme de coupes budgétaires de 11,5 milliards d'euros. Selon la presse grecque, M. Samaras et ses partenaires - Fotis Kouvelis de la Gauche démocratique et Évangelos Vénizélos du Pasok - se seraient entendus sur les économies à réaliser. Des discussions devraient néanmoins reprendre lundi 30 juillet et en vue d'un accord définitif. Après la rencontre entre les trois leaders, M. Vénizélos a accusé les Eruopéens de vouloir « sacrifier » Athènes « pour qu'un vent favorable souffle de nouveau dans les voiles de la zone euro ». Mettant en garde contre « un suicide pour la zone euro », il a estimé que « la société ne supportait plus de saigner ». Et de faire valoir qu'un délai « d'au moins deux ans » serait nécessaire pour que son pays atteigne ses objectifs budgétaires.
Conscient que prochain le train de mesures va être mal reçu par la population, le gouvernement grec est en position d'équilibriste compte tenu des exigences de ses bailleurs de fonds. Une sortie de la Grèce de la zone euro a de nouveau été évoquée cette semaine en Allemagne et, vendredi, le ministre letton des Finances, Andris Villas, a estimé que « le plus tôt serait le mieux », sur les ondes de la radio LR1.
Le versement de la prochaine tranche d'aide devrait être décidé sur base des conclusions de la mission de la 'troïka', attendues pour le mois de septembre. Une autre mission étant prévue à la fin de l'été (EUROPE n°10663). Le FMI a confirmé que les discussions se prolongeraient jusqu'en septembre. (EL-stag)