login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10665
Sommaire Publication complète Par article 18 / 28
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) ets

Prix du carbone, l'industrie dénonce l'interventionnisme de la Commission

Bruxelles, 27/07/2012 (Agence Europe) - Premier pas pour tenter de faire remonter le prix du carbone, la proposition de réforme à court terme du système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre de l'UE (ETS) présentée mercredi 25 juillet par la Commission européenne fait des mécontents dans l'industrie. Contrairement aux ONG de l'environnement pour qui la proposition ne va pas assez loin (EUROPE n° 10663), la chambre de commerce et d'industrie autrichienne (WKÖ) vilipende l'interventionnisme de la Commission européenne sur le marché et considère qu'il s'agit d'une mauvaise mesure qui arrive au mauvais moment.

« Le marché du CO2 doit rester un instrument de marché. Le prix des permis doit résulter de la règle de l'offre et de la demande. La bannière de la politique climatique ne doit pas se transformer en joujou d'une politique à courte vue », affirme Stephan Schwarzer, directeur du département Environnement et politique énergétique de la WKÖ, convaincu qu'avec ce premier pas, la Commission ouvre grand la porte à des interventions arbitraires dans l'ETS.

La chambre de commerce estime qu'au cours des derniers mois, la Commission avait déjà joué un drôle de jeu en créant pour l'industrie l'incertitude sur le cadre réglementaire futur et qu'après avoir tenté sans succès de rehausser l'objectif climatique de l'UE (une réduction de 30% des émissions au lieu de 20% à l'horizon 2020), la Commission se précipite maintenant sur la chute des prix. « Cela insécurise massivement les investisseurs car les règles du jeu de l'ETS pour la période 2013-2020 furent décidées lors de l'adoption du paquet Climat /Énergie en 2009. Personne ne peut, sur la base de décisions ad hoc comme celle qui vient d'être présentée, juste avant 2013 (date à laquelle débute la troisième phase de l'ETS: NDLR), planifier ses investissements », déplore M. Schwarzer.

En outre, la mesure tombe particulièrement mal car, si elle est approuvée, le prix du CO2 sera artificiellement gonflé, ce qui rendra aux entreprises qui veulent produire dans l'UE la tâche plus difficile puisque la prévisibilité du système d'échange sera complètement perdue, estime la WKÖ . « Dans une période où le thermomètre de la conjoncture tend plutôt à la baisse qu'à la hausse et où la crise des dettes souveraines pèse sur l'économie, l'industrie européenne n'a vraiment pas besoin d'être exposée à des fardeaux supplémentaires ».

Il est un fait que le prix du CO2 a chuté, notamment sous l'effet de la crise. Mais d'un point de vue économique, force est de constater que l'ETS contribue considérablement à la réduction des émissions de CO2, fait valoir la WKÖ pour qui ces mesures devraient toujours être les plus favorables, c'est-à-dire permettre d'obtenir les meilleurs résultats au moindre coût. Et d'enfoncer le clou: « Le fait que l'économie ait, à cet égard réussi, ne devrait pas être pénalisé, au détriment des emplois et de l'industrie en Europe et en Autriche ». (AN)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
CALENDRIER