Bruxelles, 27/07/2012 (Agence Europe) - La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande ont réaffirmé « la nécessité d'une mise en œuvre rapide des conclusions du Conseil européen des 28 et 29 juin derniers », vendredi 27 juillet dans un communiqué conjoint publié à l'issue d'une conversation téléphonique entre les deux leaders. La France et l'Allemagne réitèrent leur détermination visant à « tout faire » pour protéger l'intégrité de la zone euro.
Fin juin, le sommet de l'Eurozone avait notamment évoqué la possible utilisation des fonds européens de sauvetage, l'actuel Fonds européen de stabilité financière (FESF) et/ou le futur Mécanisme européen de stabilité (MES) - afin de soulager les pays de la zone, comme l'Espagne, qui font les efforts budgétaires et les réformes structurelles préconisées mais sont la cible des marchés financiers (EUROPE n°10645). Malgré une puissance de feu désormais limitée (200 milliards d'euros ?), le FESF serait en mesure de racheter sur les marchés primaire et secondaire des obligations espagnoles. En échange Madrid signerait un mémorandum avec ses créanciers institutionnels dans lequel les conditions de l'aide seraient inscrites. Celles-ci prévoiraient le respect des engagements pris au titre du Pacte de stabilité révisé (consolidation budgétaire, réduction des déséquilibres macroéconomiques) et des recommandations du Conseil européen en matière de réformes structurelles dans le cadre de la procédure du 'Semestre européen'.
Après avoir sécurisé une aide d'au plus 100 milliards d'euros pour renflouer son secteur bancaire plombé par ses actifs immobiliers toxiques, le gouvernement espagnol est particulièrement réticent à faire appel à une aide financière élargie qui accroîtrait sa mise sous tutelle vis-à-vis de ses créanciers institutionnels. « Il n'y aura pas de sauvetage, ce n'est même pas une option », a affirmé vendredi la vice-présidente du gouvernement espagnol Soraya Sáenz de Santamaría, rapporte le site d'El País. La Commission maintient sa ligne de conduite: aucun pays n'a officiellement demandé une nouvelle activation des fonds de sauvetage. Le quotidien français Le Monde faisait pourtant état de tractations sur le rachat de dette espagnole par le FESF ou le MES à partir de septembre. Ces discussions porteraient aussi sur l'octroi au MES, dans un deuxième temps, d'une licence bancaire afin de démultiplier la puissance de feu du fonds, fixée à 500 milliards d'euros (MB)