Bruxelles, 31/08/2011 (Agence Europe) - Les négociations des pays de la zone euro sur l'octroi de garanties à la Finlande ne porteraient que sur des garanties financières, selon le ministre grec des Finances Evángelos Venizélos. « Nous discutons uniquement de garanties de nature financière… et de garanties qui n'incluent pas de droit sur des actifs immobiliers », a-t-il dit mercredi 31 août à la radio grecque. La 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) est à Athènes où elle fait le point sur la situation économique et budgétaire du pays qui est financé jusqu'à fin septembre, alors que le ministre a déjà annoncé que les chiffres de la récession seront supérieurs aux prévisions (chute de 4,5% du PIB).
Mi-août, la Finlande avait annoncé avoir marqué un accord avec la Grèce visant le dépôt de plusieurs centaines de millions d'euros sur un compte qui serviraient à Helsinki de garanties en cas de non remboursement de la contribution finlandaise au deuxième plan grec (EUROPE n°10436). Plusieurs pays (Autriche, Pays-Bas, Slovénie, Slovaquie) ont dénoncé cet accord et réclament une égalité de traitement.
D'après la presse économique, plusieurs types de nantissement sont à l'étude. Le Wall Street Journal a évoqué des garanties prenant la forme d'actifs immobiliers et de participations dans des entreprises parapubliques grecques. Le Handelsblatt affirme que des participations dans des banques grecques sont envisagées, conformément à une idée émanant directement du directeur du fonds de sauvetage européen EFSF, Klaus Regling. Les réserves d'or de la Banque centrale grecque pourraient être gagées, selon Euobserver.com.
Les garanties que fournirait la Grèce seraient proposées aux autres pays créanciers sous forme d'option. Y faire appel aurait un coût pour les pays bénéficiaires. « Si les collatéraux sont liés à des prélèvements, s'ils coûtent quelque chose, tout comme la garantie d'une banque coûte quelque chose, alors tout le monde en aura aussitôt nettement moins envie. C'est ce type de modalités conformes aux réalités du marché que nous étudions actuellement », a déclaré la ministre autrichienne des Finances Maria Fekter, mercredi 31 août au forum économique d'Alpbach, rapporte Reuters. Elle a réitéré la volonté de l'Autriche d'obtenir les mêmes garanties que celles dont pourrait bénéficier la Finlande.
À Paris où il participait à l'université d'été du patronat français, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a exhorté les pays de l'Eurozone à mettre en œuvre rapidement les décisions prises fin juillet (modalités du 2ème sauvetage grec et élargissement des compétences de l'EFSF). « Critiquer les décisions prises collectivement est une erreur stratégique, exécuter correctement les décisions prises est vital pour la crédibilité de l'Eurozone. (…) Tout l'accord et rien que l'accord du 21 juillet, c'est à brève échéance la priorité des priorités », a-t-il déclaré. (M.B.)