Bruxelles, 31/08/2011 (Agence Europe) - L'Association des universités européennes (EUA) a publié le 31 août un nouveau rapport analysant les facteurs à la base d'une politique efficace en matière d'éducation tout au long de la vie dans les universités européennes. S'engager pleinement dans une stratégie de leadership semble être la clé de voûte de la réussite pour les universités, selon l'étude qui formule plusieurs recommandations.
L'éducation tout au long de la vie est devenue progressivement d'une importance cruciale pour les universités ces dix dernières années. Les problèmes économiques et les changements démographiques ont accentué la pression sur les universités, pour que celles-ci développent des stratégies cohérentes afin d'élargir l'accès et d'augmenter le taux de participation à l'éducation tout au long de la vie. Le rapport, « Engaging in Lifelong Learnings: shaping inclusive and responsive University Strategies » (communément baptisé projet SIRUS), est le fruit du travail mené pendant deux ans par 29 universités de 18 pays européens différents, avec le soutien de l'Union européenne. Ces universités ont tenté de définir, en partageant leur expérience, les facteurs de succès d'une bonne politique en matière d'éducation tout au long de la vie, dans le cadre de la « Charte des universités européennes pour l'apprentissage tout au long de la vie ». Adoptée en 2008 par les universités européennes participantes, celle-ci formule des recommandations en vue de soutenir les universités d'Europe dans le développement de leur rôle spécifique d'institutions d'apprentissage tout au long de la vie (EUROPE n° 9776). « Les résultats du projet (SIRUS) indiquent que, alors que les cadres juridiques et financiers nationaux jouent un rôle important pour les universités, le seul facteur stimulant pour développer une politique d'éducation tout au long de la vie efficace, est un engagement actif de l'université dans la création de stratégies inclusives et réactives », souligne l'un des auteurs du rapport, Hanne Smidt.
Selon l'étude, les universités doivent s'engager progressivement, selon un processus en trois étapes: 1) une période d'adaptation ; 2) une période « organisationnelle » au cours de laquelle les stratégies sont mises en œuvre ; 3) une étape culturelle au cours de laquelle les universités vont adopter une autre manière de penser, une culture de l'apprentissage tout au long de la vie et une vision partagée au sein de toute l'institution. Toutefois, des facteurs sont nécessaires pour soutenir le processus. Deux en particulier sont cruciaux: le financement et la législation. Or, seulement 12 pays sur les 18 représentés par les universités ayant participé au rapport estiment qu'une législation adéquate est en place. Et seulement quatre pays indiquent que les fonds nécessaires sont disponibles. Enfin, la plupart des universités critiquent leurs gouvernements respectifs qui, selon elles, ont été très lents à répondre aux recommandations formulées par la Charte pour l'apprentissage tout au long de la vie. Le rapport est disponible sur http://www.eua.be/pubs/Engaging_in_Lifelong_Learning.pdf . (I.L.)