Bruxelles, 23/08/2011 (Agence Europe) - La Grèce va concrétiser prochainement son projet de clôture au niveau de sa frontière avec la Turquie, destinée à prévenir l'arrivée de migrants irréguliers, a indiqué le 5 août dernier le ministère de la Protection du citoyen, cité par l'AFP, évoquant la fin du mois de septembre pour le lancement des procédures.
Annoncé en janvier, ce projet de « mur » n'avait pas été accueilli très positivement par la Commission européenne, jugeant l'idée contre-productive, mais avait néanmoins été soutenu par plusieurs capitales.
Sous pression du fait des flux migratoires irréguliers provenant de la Turquie et déjà condamnée pour les défaillances de son système d'asile, la Grèce compte établir « deux barrières parallèles en fil barbelé longues de 10,3 km chacune et d'une hauteur de 2,5 à 3 mètres », poursuit l'AFP, cette clôture devant être construite « sur la ligne frontalière près de Kastanies », le passage le plus fréquenté par les migrants pour traverser le fleuve Evros. Selon le ministère, le projet sera par ailleurs cofinancé par le Fonds européen pour les frontières extérieures de l'Union européenne et coûtera 5,498 millions d'euros.
La frontière terrestre gréco-turque, qui s'étend sur quelque 150 km, est le principal point de passage des migrants dans l'UE avec près de la moitié des entrées illégales détectées, même si ce passage avait été détrôné début 2011 par l'île italienne de Lampedusa, où sont arrivés des milliers de migrants, libyens notamment, du fait des révoltes en Afrique du Nord.
La Turquie n'a jamais affiché d'opposition au projet mais la Commission européenne avait dès le début estimé qu'un tel projet de mur ne pouvait être qu'une solution de court-terme et en aucun cas permettre de s'attaquer de « manière structurelle » au problème de l'immigration illégale.
Contactés mardi 23 août, les services de porte-parole de la commissaire compétente Cécilia Malmström réitèrent leur position: la Commission n'est pas convaincue que « se focaliser » sur une partie spécifique de la frontière permettra de délivrer des réponses durables aux défis que doit relever Athènes, dit une porte-parole.
La Commission rappelle aussi que bien qu'elle n'ait pas encore observé à ce stade de contradiction avec le droit communautaire ou international, toutes les mesures mises en œuvre par les États membres pour gérer leurs frontières doivent se faire en plein respect des lois européennes ainsi que des principes internationaux, tels que le principe de non-refoulement et celui des droits des migrants ayant besoin d'une protection internationale.
S'agissant du cofinancement du « mur » évoqué par la Grèce, la Commission ajoute que « si la demande a bien été déposée » par Athènes, aucune décision n'a encore été prise. (S.P.)