Bruxelles, 04/08/2011 (Agence Europe) - Selon l'enquête Eurobaromètre du printemps 2011, sondage d'opinion semestriel effectué par l'Union et publié jeudi 4 août, les Européens commencent à se montrer plus optimistes sur l'évolution de l'économie, une proportion croissante d'entre eux affirmant que le pire de la crise est passé. 43% des Européens pensent que les répercussions de la crise sur le marché du travail ont déjà atteint leur paroxysme, ce qui représente un point de pourcentage supplémentaire par rapport à l'enquête précédente, réalisée à l'automne 2010 et 15 points de plus par rapport au printemps 2009. Les Européens réclament aussi de plus en plus l'adoption de mesures par l'Union et un renforcement de la coopération européenne pour lutter contre la crise. Près de huit Européens sur dix sont d'avis qu'une coordination plus étroite de la politique économique des États membres de l'Union permettrait de lutter efficacement contre la situation de crise.
L'enquête Eurobaromètre (qui se fonde sur des entretiens individuels menés entre le 6 et le 26 mai 2011) montre que « l'optimisme est de retour », selon les auteurs de ce rapport. Les Européens sont aujourd'hui moins nombreux à affirmer que le pire reste à venir. Ainsi, la tendance positive observée depuis le printemps 2009 gagne du terrain. L'opinion selon laquelle l'impact de la crise économique sur le marché du travail a déjà atteint son apogée est majoritaire dans 14 États membres, en particulier au Danemark (68%), en Estonie (64%) et en Autriche (62%). L'opinion inverse (le pire reste à venir) prédomine dans 13 autres pays, surtout au Portugal (80 %) et en Grèce (78 %).
L'UE mieux placée pour agir. La liste des acteurs les mieux placés pour agir efficacement contre les effets de la crise financière et économique, et leur ordre d'apparition, reste quasiment identique depuis l'étude précédente (automne 2010): l'UE conserve la première place (22%, -1 point), suivie de près par les gouvernements nationaux (20%, stable). Le G20 a perdu la troisième place au profit du Fonds monétaire international (FMI) (15%, stable). L'UE est la plus largement citée en Grèce, au Luxembourg et en Pologne (34% dans ces trois pays). Les répondants à Malte (39%), au Royaume-Uni (35%), en Suède (35%) et en France (21 %) font majoritairement confiance à leur gouvernement national.
Les mesures pour améliorer la performance de l'économie européenne. Interrogés sur la meilleure façon d'améliorer la performance de l'économie de l'UE, les Européens privilégient (à 48%) l'éducation et la formation professionnelle. Les deux autres initiatives ont été citées par un peu plus d'un tiers des répondants: réduire les déficits publics et la dette publique (34%, -1) et faciliter la création d'entreprise (34%, +1). À noter que la réduction des déficits publics et de la dette publique est l'initiative la plus mentionnée en Grèce (50%), en Hongrie (47%), en Finlande et en Slovénie (45% pour les deux) et en République tchèque (44%).
Les mesures pour lutter contre la crise. Les Européens affichent toujours un niveau de confiance élevé vis-à-vis des mesures actuellement en discussion au sein des institutions européennes pour lutter contre la crise: toutes les mesures proposées sont considérées comme efficaces par plus de sept Européens sur dix. Le renforcement de la coordination entre les États membres est ainsi mentionné par plus des trois quarts des Européens: au niveau de tous les pays de l'UE (79%, +2 points depuis l'automne 2010 ; +8 points depuis janvier-février 2009), et au niveau de la zone euro (78%, +3 points depuis l'automne 2010 ; +4 points depuis le printemps 2010). Les Européens souhaitent que l'UE joue un rôle plus important dans la lutte contre la crise: en supervisant de plus près les activités des grands groupes financiers et des institutions internationales (77%, +2 points depuis l'automne 2010; +10 points depuis janvier-février 2009) et la façon dont les fonds publics sont utilisés pour les soutenir (78%, +3; +11). Chypre, Slovaquie, Belgique et Espagne sont les pays les plus confiants sur l'efficacité de ces mesures, tandis que les répondants du Royaume-Uni, d'Estonie, de Lituanie et de Suède sont les moins enthousiastes.
Réformer les marchés financiers. Les Européens sont très favorables aux différentes mesures que l'Union européenne pourrait adopter à cet égard. Le niveau de soutien le plus important porte sur les mesures les plus drastiques concernant l'évasion fiscale et les paradis fiscaux (89%, +1 depuis l'automne 2010) et le renforcement de la transparence des marchés financiers (88%, +1). Les mesures de réglementation des salaires dans le secteur financier (comme les bonus des traders) (82%, +2) et d'imposition des profits réalisés par les banques
(82 %, +1) sont également encouragées par plus de huit Européens sur dix. Plus des trois quarts des Européens sont favorables au renforcement de la supervision des « fonds spéculatifs » [hedge funds] (76%, +3). Le soutien à l'instauration d'une taxe sur les transactions financières est moins net qu'à l'automne 2010: cependant, 65% des Européens approuvent une telle proposition.
Qui a agi efficacement contre la crise ? Les Européens sont assez critiques sur la façon dont leur gouvernement a agi pour lutter contre la crise: 57% (+2 points depuis l'automne 2010) estiment qu'il n'a pas agi efficacement (comparé aux 38% qui pensent le contraire, -1). L'opinion publique européenne est beaucoup plus divisée concernant les mesures prises par l'UE: si une majorité relative considère que l'UE n'a pas agi efficacement (45%, +1), ils sont autant à exprimer un avis contraire (44%, -1). L'efficacité des mesures de l'UE est largement reconnue en Roumanie (68%), en Bulgarie (62%) et en Belgique (60%). À l'inverse, une majorité de répondants est critique vis-à-vis des mesures prises par l'UE dans 12 pays, notamment en Grèce (75% « inefficace ») et à Chypre (66%). (L.C.)