Bruxelles, 04/08/2011 (Agence Europe) - C'est un véritable SOS que lance le WWF. Selon l'organisation de préservation de la nature, les Carpates - dernier paysage de forêt hors Russie et Finlande qui soit encore intact en Europe-, sont menacées par un projet routier roumain représentant un sérieux coup de canif aux dispositions de la législation de l'UE relative à la protection de la nature (directive Habitats). Aussi conviendrait-il que la Commission européenne se penche sur le dossier, estime l'ONG.
En cause: le permis de construction accordé par l'Agence nationale roumaine de protection de l'environnement pour un projet de route nationale controversée - la 661 - appelée à traverser deux des zones naturelles protégées les plus remarquables de Roumanie: les montagnes Retezat et le parc national de Domogled. Pour le WWF, il s'agit d'une infraction manifeste à la législation européenne puisque les autorités roumaines ont ignoré le fait que la route traverserait une zone strictement protégée et que l'évaluation d'impact environnementale, réputée de qualité médiocre, ne mentionnait pas les effets dévastateurs du projet.
Dans un communiqué du 28 juillet, Magor Csibi, directeur du programme 'Danube-Carpates' du WWF en Roumanie, précise: « Nous devons absolument préserver nos ressources naturelles qui n'ont pas de prix. Nous parlons ici de la protection de 100 000 hectares de forêts dans lesquelles l'empreinte de l'homme a été suffisamment légère pour conserver le paysage dans un état proche de celui d'origine. La construction de cette route traduit le total mépris des zones protégées en Roumanie. La Commission a déjà enquêté sur plusieurs cas d'infraction à la législation concernant la protection de la nature. Voici de nouveau un triste cas à étudier ». Les manifestations organisées par l'ONG Agent Green au cours des deux dernières années pour protester contre ce projet ont culminé dans une manifestation devant le ministère roumain de l'Environnement et des forêts, au début de juillet. En mars, l'ONG avait révélé que l'entreprise chargée de réaliser l'évaluation d'impact environnementale avait fraudé. Une nouvelle évaluation d'impact a depuis lors été réalisée par des experts universitaires. Elle a révélé que la biodiversité dans la zone protégée était bien plus grande qu'initialement décrite et que le troisième tronçon de la route aurait des effets dramatiques sur 2552 hectares du paysage forestier. Agent Green, soutenue par le WWF et d'autres ONG, compte intenter une action en justice contre le gouvernement roumain et déposer plainte auprès de la Commission européenne. (A.N.)