Bruxelles, 04/08/2011 (Agence Europe) - L'UE a salué jeudi 4 août la déclaration du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant la répression meurtrière des manifestations d'opposition par les autorités syriennes. Elle a accueilli avec circonspection l'autorisation du multipartisme en Syrie, promulguée jeudi par le président Bachar al-Assad. La France a même estimé que cette mesure s'apparente à une provocation, puisque les chars continuent d'être utilisés par le régime contre la population civile.
Un porte parole de Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, a déclaré: « Nous saluons la déclaration du Conseil de sécurité et nous pensons qu'il est un important qu'il y ait un suivi. Le Conseil de sécurité fera le point dans sept jours. Nous constatons que le président Bachar al-Assad a annoncé des réformes pour autoriser le multipartisme ? C'est un pas en avant, en principe, mais il faudra voir si cela se fera véritablement. Pour l'instant, les réformes avancées précédemment sont restées lettre morte ».
Les experts de l'UE ont discuté aussi d'un éventuel renforcement des sanctions, certains pays suggérant d'étendre les mesures aux compagnies pétrolières de Syrie (comme demandé notamment par le groupe ADLE au Parlement européen). « Les services (de Mme Ashton) discutent avec les 27 pays de l'UE pour voir s'il est adéquat d'ajouter quelque chose à ces sanctions. Il faut procéder à une analyse du rôle joué par ces personnes dans la répression avant de pouvoir juger », a commenté le porte parole de Mme Ashton.
Déclaration du Conseil de sécurité, pas de résolution. Le Conseil de sécurité de l'ONU a « condamné » mercredi la répression meurtrière des manifestations d'opposition par les autorités syriennes, qui ont déployé des centaines de chars autour de plusieurs villes du pays. Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une déclaration qui « condamne les violations généralisées des droits de l'Homme et l'usage de la force contre les civils par les autorités syriennes ». Le Liban s'est désolidarisé de la déclaration qui, selon une source de ce pays, « n'aiderait pas » à mettre fin à la crise.
C'est la première fois que le Conseil se prononce sur la Syrie depuis le début des manifestations contre le régime le 15 mars. Cette déclaration reste toutefois moins contraignante qu'une résolution. Le texte ne fait aucune référence à une enquête du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU sur la répression, comme l'avaient demandé plusieurs pays européens. Il exige en revanche que les responsables de la répression, qui aurait déjà fait 1 600 morts selon les ONG, « rendent des comptes ».
Le Conseil de sécurité prend note des réformes annoncées par les autorités syriennes et « regrette l'absence de progrès dans leur mise en œuvre ». Il appelle le gouvernement syrien à mettre en œuvre ses engagements. Les membres du Conseil de sécurité appellent les autorités syriennes à autoriser un accès rapide et sans entraves aux agences humanitaires internationales. À Washington, la Maison Blanche a estimé que le président Assad n'est pas « indispensable » à la stabilité de la région. (L.C.)