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Bulletin Quotidien Europe N° 10425
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/euro

Satisfecit après l'accord du Sommet de l'Eurozone

Bruxelles, 22/07/2011 (Agence Europe) - La plupart des dirigeants politiques ont salué, vendredi 22 juillet, l'accord du sommet extraordinaire de la zone euro qui a finalisé les modalités du second sauvetage grec et ouvert la voie à un renforcement des outils d'intervention du fonds européen de sauvetage EFSF (EUROPE n°10424). Analysant le contenu exact des résultats du sommet et notamment la portée de la participation volontaire du secteur privé au deuxième plan grec, les marchés financiers étaient modestement en hausse, vendredi, après un net rebond dès jeudi après-midi. L'association internationale regroupant les acteurs du marché des produits dérivés (ISDA) est d'avis que cette participation privée ne déclenchera pas le paiement des primes sur les assurances contractées pour se couvrir contre un défaut grec. L'agence de rating Fitch a néanmoins confirmé qu'elle considérerait comme un défaut partiel les opérations d'échange de titres de dette grecque.

Grèce. « La réduction des taux d'intérêt et l'extension des maturités des prêts européens à la Grèce amélioreront de manière substantielle la durabilité de la dette du pays et son profil de refinancement », estime le commissaire aux Affaires économiques Olli Rehn, pour qui la participation du secteur privé apportera « une contribution importante » en la matière. Le ministre grec des Finances Evángelos Venizélos a considéré que les résultats du sommet constituent un pas « gigantesque » qui aidera son pays à couvrir ses besoins financiers et à protéger son secteur bancaire à long terme. « L'accord fixe un plafond à la dette grecque », s'est-il aussi félicité, en mettant ses concitoyens en garde contre tout relâchement dans l'effort d'austérité engagé.

Au nom du groupe PPE du Parlement européen, le Français Joseph Daul a estimé que la réduction à un niveau proche de 3,5% des taux d'intérêt fixés aux prêts octroyés aux trois pays faisant l'objet d'une aide financière internationale (Grèce, Irlande, Portugal), ainsi que l'allongement de la maturité de ces prêts à une durée située entre 15 et 30 ans « contribueront à relancer de manière substantielle la croissance économique et l'emploi ». Le Parti socialiste européen (PSE) rappelle qu'il réclamait depuis 2010 une extension des maturités des prêts et une réduction des taux des prêts accordés aux pays en difficulté. Pour la présidente de la commission des affaires économiques du PE, la libérale britannique Sharon Bowles, les frais inhérents aux prêts octroyés par le fonds de sauvetage européen seront désormais basés sur les coûts réels. « J'ai fait campagne pendant longtemps contre les profits réalisés aux dépens des pays faisant l'objet d'un programme d'ajustement économique, une situation qui a rendu les prêts insoutenables », souligne-t-elle.

Fonds de sauvetage. Selon M. Rehn, la Facilité intergouvernementale EFSF et le Mécanisme permanent ESM qui la remplacera mi-2013 disposeront à l'avenir « des instruments » et de « la flexibilité » nécessaires pour garantir la stabilité de la zone euro. « Il s'agit d'un renforcement important des fondations de la structure de gouvernance de la zone euro », ajoute-t-il. Mme Bowles accueille favorablement la capacité future de l'EFSF d'intervenir directement sur les marchés secondaires pour racheter des titres de dette souveraine aux investisseurs. Selon elle, la taille du fonds devrait alors être « bien plus grande », au moins 1 000 milliards d'euros. Saluant « la proposition d'une plus grande flexibilité concernant l'EFSF », la co-présidente des Verts au PE, l'Allemande Rebecca Harms, continue à regretter qu'il s'agisse d'une structure intergouvernementale.

Gouvernance économique. M. Daul a plaidé pour une finalisation « aussi rapide que possible » des négociations entre le Conseil et le Parlement européen sur la réforme du Pacte de stabilité et de gouvernance. D'après le président du PSE, le Danois Poul Nyrup Rasmussen, il manque au compromis des Dix-Sept « un cadre de long terme pour l'emploi et la croissance » qui nécessite la tenue d'un sommet spécifique. Le défaut d'un État, qu'il soit partiel ou pas, n'est « jamais une bonne nouvelle », estime Mme Bowles. C'est la raison pour laquelle elle souligne la nécessité de réformer davantage le cadre de gouvernance macro-économique pour renforcer la crédibilité de la monnaie à long terme. Et d'offrir une disponibilité de tous les instants pour parvenir, avec la présidence polonaise, à un accord définitif sur la réforme du Pacte.

Le co-président des Verts au PE, le Français Daniel Cohn-Bendit, est d'avis que les décisions du Sommet « vont dans la bonne direction puisqu'elles s'orientent vers un fédéralisme financier ». Et d'ajouter: « Il est maintenant nécessaire de poursuivre cette lancée vers un fédéralisme économique et de mettre sur pied un véritable plan d'investissement européen afin de relancer les économies des pays en difficulté par un investissement écologique. Une politique de sauvetage et d'austérité s'avérera insuffisante et injuste si elle n'est pas accompagnée d'une véritable perspective pour les économies en difficulté ».

Secteur privé. Réuni au sein de l'Institut international de la Finance (IIF), le lobby bancaire et financier offre un menu d'options qui devrait permettre à 90% du secteur privé exposé à la dette grecque de contribuer aux coûts d'un deuxième sauvetage. Cette participation privée s'élèverait à 54 milliards d'euros d'ici 2014 et à 135 milliards d'euros d'ici 2020. Quatre options sont mises en avant: - trois formules d'échange de titres de dette grecque qui varient selon l'imposition ou non d'une décote, la maturité des nouveaux titres et/ou le taux d'intérêt appliqué ; - une formule de réinvestissement des obligations grecques arrivant à échéance d'ici 2014 dans des titres à 30 ans. Selon l'IIF, le stock de dette grecque (350 milliards d'euros soit plus de 150% du PIB national) diminuerait de 13,5 milliards d'euros à travers le seul programme d'échange de titres. S'ajoute à ces opérations la participation des investisseurs dans le programme de rachat de titres de dette grecque à hauteur de 12,6 milliards d'euros que les créanciers institutionnels financeront par le biais de l'EFSF. « Avec cette offre, la communauté internationale des investisseurs reconnaît les défis exceptionnels auxquels la Grèce est confrontée. La suppression de l'incertitude quant au financement du pays lui permettra de se focaliser sur les éléments clés de son programme de réformes, à savoir l'ajustement budgétaire, l'augmentation des revenus fiscaux, les privatisations et les réformes structurelles », affirme le directeur général de l'organisation, Charles Dallara.

Selon la Fédération des banques françaises (FBF), qui sont les établissements les plus exposés à la dette grecque, l'accord sur le nouveau plan de soutien à la Grèce démontre l'engagement des leaders européens de garantir la stabilité financière dans l'Eurozone. « Innovation importante », la possibilité pour l'EFSF de racheter la dette grecque sur le marché secondaire « témoigne de la solidarité de la zone euro ». Les différentes options de participation du secteur privé au deuxième sauvetage grec correspond à « la situation des différents acteurs privés » et donne à la Grèce « les délais nécessaires dans des conditions satisfaisantes », considère l'organisation, qui rappelle « le caractère unique et non reproductible de la participation du secteur privé à une telle opération ». « Dans ces conditions, une participation exceptionnelle de l'ensemble des investisseurs financiers est possible et souhaitable », annonce la FBF. (M.B.)

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