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Bulletin Quotidien Europe N° 10345
CONSEIL EUROPÉEN / (eu) conseil europÉen

Nucléaire, feu vert aux tests de résistance

Bruxelles, 25/03/2011 (Agence Europe) - À la lumière de la crise nucléaire au Japon, les dirigeants européens, réunis à Bruxelles les 24 et 25 mars pour leur sommet de printemps, ont marqué leur accord pour examiner la sûreté des installations nucléaires de l'UE, via des tests de résistance (stress tests).

L'incident majeur qui a frappé, à la suite du tsunami du 11 mars, la centrale nucléaire de Fukushima Daichi, où la situation s'orientait en fin de semaine vers un début de normalisation, amène les Vingt-sept à « tirer les enseignements » des événements au Japon. Aussi le Conseil européen exige-t-il de « prendre des mesures en priorité » en matière de sûreté, l'objectif étant de restaurer la confiance de l'opinion publique en Europe.

Ainsi les dirigeants européens demandent en premier lieu de soumettre à des tests de résistance les 143 réacteurs nucléaires en activité dans l'UE, ainsi que les installations futures, en considérant une série de risques auxquels ils pourraient être confrontés, notamment les catastrophes qui ont frappé le Japon, un séisme et un tsunami. « Il convient d'examiner la sûreté des installations nucléaires de l'UE, sur la base d'une évaluation globale et transparente des risques et de la sûreté », soulignent les conclusions du Conseil européen, qui invite la Commission à veiller à ce que le groupement des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG) définisse « le plus rapidement possible » l'étendue et les modalités des stress tests à la lumière des événements au Japon et avec la « pleine participation » des États membres, en tirant parti de l'expertise disponible, notamment celle de l'association des responsables des autorités de sûreté nucléaire des pays d'Europe de l'Ouest (WENRA). Les évaluations seront menées par les autorités nationales compétentes et leurs résultats devront être communiqués à la Commission et aux membres de l'ENSREG. En outre, la sûreté des installations nucléaires revêtant « un caractère prioritaire qui ne peut s'arrêter aux frontières de l'UE », le Conseil européen encourage et soutient la réalisation de ces tests dans les pays voisins de l'UE - le commissaire à l'Énergie a visé cette semaine la Suisse, la Turquie, le Bélarus, l'Ukraine, l'Arménie et la Russie, ainsi que dans le monde entier, qu'il s'agisse d'installations existantes ou en projet.

Plus généralement, les Vingt-sept demandent « l'application et l'amélioration en permanence » de normes rigoureuses en matière de sûreté nucléaire au sein de l'UE et promues à l'échelle internationale. Dans ce contexte, la Commission est appelée à procéder à l'examen du cadre législatif et réglementaire existant sur la sécurité et la sûreté des installations nucléaires et à proposer, le cas échéant, toute modification nécessaire. Les États membres sont pour leur part appelés à pleinement mettre en œuvre la directive 2009/71/Euratom sur la sûreté nucléaire, qui doit être transposée en droit national en juillet. Enfin, la proposition de directive sur les déchets radioactifs devrait être adoptée sans délai.

Sarkozy, Merkel et Zapatero: fermer les centrales les plus vulnérables. « Les aspects nucléaires (de la catastrophe nippone) sont une haute priorité. Nous avons de ce fait décidé que la sûreté des centrales devait instamment être examinée, par des stress tests. La Commission fera rapport sur la mise en œuvre de ces tests avant la fin de l'année », a confié Herman Van Rompuy après les travaux. « Puisque le danger ne s'arrête pas à nos frontières, nous encourageons les pays voisins à effectuer des tests semblables. Un examen mondial des centrales nucléaires serait le mieux », a ajouté le président du Conseil européen, avant de conclure: « Nous voulons les normes de sûreté les plus élevées. Tous les dirigeants étaient francs à ce sujet ».

« Si une centrale, et je parle pour la France, ne passait pas ces tests, elle serait fermée », a promis de son côté le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays héberge 58 des 143 réacteurs que compte le parc nucléaire européen. Or, 34 de ces installations ont plus de 30 ans, comme la centrale de Fessenheim, située dans une zone sismique. « La Commission établira le cadre et les normes des contrôles, les autorités indépendantes procéderont aux contrôles et rendront publics ces contrôles, et la Commission et les régulateurs européens du nucléaire diront le sérieux ou les insuffisances » de chacune des centrales, a précisé M. Sarkozy.

« Les tests seront préparés de manière uniforme et exécutés par toute l'Europe. L'objectif, c'est d'atteindre les normes les plus élevées possibles. Le fait que nous nous sommes mis d'accord prouve que nous avons tiré les leçons des événements au Japon (…) Ce que j'ai dit en Allemagne vaut donc aussi pour l'Europe: nous ne pouvons pas continuer comme avant », a souligné la chancelière Angela Merkel, qui a décidé cette semaine la suspension pour trois mois de 7 des 17 réacteurs que l'Allemagne abrite.

« S'il est évident qu'une centrale ne passe pas le test et qu'on ne peut rien faire, il est logique qu'elle soit arrêtée », a également convenu le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero, dont le pays héberge pour sa part six centrales et neuf réacteurs.

Concernant la réalisation des tests et la décision de l'élimination d'une centrale, le président de la Commission José Manuel Barroso a admis que la question n'était pas tranchée. « Il ne faut pas que les experts qui mènent les tests soient liés au lobby nucléaire », a averti le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Du côté de la Hongrie, qui préside le Conseil, le Premier ministre Viktor Orban s'est contenté d'assurer que les centrales de son pays participeront aux stress tests. (E.H. avec G.B./A.N./H.B./A.By.)

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