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Bulletin Quotidien Europe N° 10345
CONSEIL EUROPÉEN / (eu) conseil europÉen

Les 27 veulent contribuer à une solution politique à la crise en Libye

Bruxelles, 25/03/2011 (Agence Europe) - Les 27 dirigeants de l'UE ont réussi vendredi 25 mars à faire abstraction de leurs divergences de fond sur l'intervention militaire en Libye pour exprimer, à l'unanimité, la détermination de l'UE à contribuer à la mise en œuvre de la résolution 1973 de l'ONU - avec comme seul objectif de protéger la population civile - et à trouver une solution politique à la crise. Avec la Ligue arabe, l'Union africaine et l'ONU, et conformément à la résolution 1973, « l'UE intensifiera ses efforts en vue de trouver une solution à la crise qui réponde aux demandes légitimes du peuple libyen », affirment les chefs d'État et de gouvernement dans les conclusions du Conseil européen adoptées vendredi. Ils réitèrent aussi leur appel au colonel Kadhafi à partir « immédiatement » afin de permettre au peuple libyen de s'engager dans une « transition ordonnée » vers la démocratie sur base d'un dialogue aussi vaste que possible et dans le respect de la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays. L'UE est prête à « aider à renforcer » ce dialogue, y compris avec le Conseil national de transition (CNT). L'UE poursuivra à fournir de l'aide humanitaire à tous ceux qui en ont besoin, soulignent encore les dirigeants. Les préparatifs en vue de fournir un soutien militaire à des opérations d'aide humanitaire et de protection civile, dans le cadre de la politique de défense et de sécurité commune (PSDC), seront poursuivis et même accélérés. Les 27 sont aussi disponibles pour aider la Libye sur le plan économique, lit-on dans les conclusions.

Sanctions supplémentaires en vue. L'UE se dit aussi prête a adopter de nouvelles sanctions économiques, y compris « pour faire en sorte que les revenus des ventes de pétrole et de gaz n'arrivent pas au régime de Kadhafi ». L'UE proposera au Conseil de sécurité de l'ONU de faire de même. La perspective d'un nouveau renforcement des sanctions donne notamment satisfaction à l'Allemagne qui, faute de participer à l'opération militaire, avait beaucoup insisté ces derniers jours sur la nécessité d'accroître davantage la pression économique et financière sur le régime de Tripoli. Berlin aurait même souhaité que l'UE décrète un « embargo pétrolier total » mais d'autres pays dont la France insistaient pour que les sanctions ne visent que le régime du colonel Kadhafi afin d'épargner les rebelles libyens qui contrôlent des régions riches en hydrocrabures. C'est finalement cette voie de compromis qui a été retenue.

L'action militaire a permis d'éviter un « bain de sang ». Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, s'est montré particulièrement satisfait de l'unité affichée par les 27. « Nous avons démontré notre unité et notre détermination » à prendre les mesures nécessaires pour « arrêter Kadhafi de tuer son propre peuple », a-t-il dit vendredi devant la presse. Les décisions prises par ce Conseil européen sont « très significatives », que ce soit sur le volet des sanctions, de l'aide humanitaire ou du dialogue politique avec les nouveaux dirigeants libyens et leur peuple. S'exprimant devant la presse jeudi soir (24 mars), après la première session de travail, M. Van Rompuy a salué le fait que « les actions entreprises par la coalition de pays européens, arabes et nord-américains pour mettre en œuvre la résolution (1973) de l'ONU, aient contribué à protéger la population civile de la Libye ». « Un bain de sang a été évité, des milliers de vies ont été sauvées », a-t-il ajouté. Pour les 27, il est évident que « les opérations militaires doivent cesser dès que la population civile est sécurisée », a dit M. Van Rompuy.

France. Nicolas Sarkozy, visiblement satisfait du rôle de leadership qu'il joue dans la coalition internationale qui mène les opérations militaires en Libye, a souligné devant la presse que l'UE était « totalement unie » sur le dossier libyen. « Kadhafi ne peut donc pas compter sur une quelconque division de l'Europe ou de la coalition », a dit le président français. Qui se réjouit que les 27 aient reconnu (à l'unanimité, a-t-il insisté) que les actions militaires, même si elles ne font pas l'unanimité au sein de l'UE, « ont largement contribué à sauver la vie des civils ». Tout le monde au Conseil européen reconnaît aujourd'hui « la pertinence du choix d'intervenir ». L'unité de l'UE sort d'autant plus « renforcée » que le Conseil européen a pu préciser les conditions dans lesquelles l'objectif de l'intervention militaire aura été atteint: « Ce sera quand les populations seront protégées », a expliqué M. Sarkozy. Il s'est aussi félicité de la décision des Émirats arabes d'« envoyer douze avions dans la coalition », faisant passer, après le Qatar, à deux le nombre de pays arabes participant à l'opération. Interrogé à propos du rôle de l'OTAN, M. Sarkozy a reconnu que l'opération repose désormais « sur la machinerie de l'OTAN » mais a aussitôt précisé que « la coordination politique doit rester dans les mains des États membres de la coalition dont tous ne sont pas membres de l'OTAN », conformément à « l'accord » que M. Sarkozy aurait conclu avec le président américain Barack Obama, et le Premier ministre britannique David Cameron. La coalition internationale appliquera « la résolution de l'ONU et rien que la résolution » avec « un seul objectif: la protection de la population », a souligné M. Sarkozy. Ensuite, ce sera aux Libyens de se débarrasser de Kadhafi de construire leur propre avenir. « Nous ne sommes pas là pour construire la nouvelle Libye à la place des Libyens », a-t-il dit.

Initiative franco-britannique. M. Sarkozy a aussi annoncé vendredi que Paris et Londres préparaient une initiative en vue de parvenir à une « solution » politique et diplomatique pour la Libye, au-delà de l'intervention militaire. « La prochaine étape, c'est le sommet de Londres » sur la Libye, prévu mardi (29 mars), où les membres de la coalition « discuteront du pilotage politique et des prochaines étapes de l'opération militaire », a affirmé M. Sarkozy. « Vraisemblablement, avant ce sommet à Londres, David Cameron et moi-même proposerons une voie commune. Ce sera une initiative franco-britannique pour bien montrer que la solution ne peut pas être que militaire, elle sera forcément une solution politique et diplomatique », a-t-il ajouté. David Cameron, le Premier ministre britannique, a lui aussi estimé que la réunion de Londres, à laquelle participera aussi Catherine Ashton, devrait « réfléchir à l'avenir ». (H.B. avec A.N./S.P./L.C.).

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