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Bulletin Quotidien Europe N° 10203
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/jai

Le Parlement européen devrait débuter sa rentrée sur la question des Roms

Bruxelles, 30/08/2010 (Agence Europe) - Face à la polémique grandissante à propos des démantèlements de camps de Roms en France et des expulsions à répétition vers la Roumanie et la Bulgarie, le Parlement européen pourrait s'emparer de la question lors de sa session d'ouverture, la semaine prochaine, à Strasbourg. Les chefs des groupes politiques au Parlement prendront, jeudi prochain, une décision sur la tenue ou non d'un débat. Cette demande a été formulée par le groupe ADLE et a reçu le soutien du groupe PSE et des Verts/ALE. La Présidence belge de l'UE et la Commission devraient être invitées à faire une déclaration devant le Parlement européen, ce qui donnera lieu à un débat sur la question, éventuellement suivi du vote d'une résolution. En guise de prémices à un éventuel débat à Strasbourg, la commission des libertés civiles (LIBE) du Parlement devrait entendre la Commission européenne, le 2 septembre, à Bruxelles. La dernière résolution sur les Roms a été adoptée par les eurodéputés le 25 mars 2010 (EUROPE n° 10108). Dans ce texte, le Parlement européen condamnait la montée récente du racisme à l'égard des Roms dans plusieurs États membres et exprimait son inquiétude face aux discriminations dont cette minorité fait l'objet.

L'eurodéputée socialiste Sylvie Guillaume (Française) préconise d'« Européaniser d'urgence la politique envers les Roms » au moyen d'un plan volontariste reposant sur trois axes: - l'intégration des Roms dans toutes les politiques publiques de l'UE et des États membres; - déterminer un programme de coordination et d'intensification des efforts de toutes les parties prenantes (UE, États membres, ONG, communauté Rom) afin que les responsabilités soient partagées, avec des objectifs, des mécanismes et des engagements mutuels clairs; - une meilleure surveillance des actions menées et des fonds utilisés pour en apprécier les effets sur les processus d'inclusion des Roms, notamment grâce à la nomination d'un responsable de la coordination des politiques à l'égard de cette communauté. Au passage, Mme Guillaume égratigne la Commission, laquelle tiendrait une posture « trop frileuse et défensive » consistant à axer exclusivement le discours sur la lutte contre les discriminations et sur la bonne utilisation des fonds disponibles. Ces préconisations ne sont pas suffisantes car elles font reposer sur les épaules des seuls États membres la gestion et la responsabilité de la situation, estime la députée. « La Commission européenne s'exonère de fixer des objectifs clairs, de coordonner les efforts de chacun et d'adopter des mesures contraignantes », a-t-elle conclu. De son côté, Jean-Pierre Audy (PPE, français) a indiqué que la délégation française PPE ne se défilerait pas face à un éventuel débat devant Parlement européen sur le sujet des Roms, en particulier, et, plus généralement, de l'immigration illégale au sein de l'Union. Mais, concernant la Commission européenne, il précise: « Il serait inouï que l'UE tente de s'immiscer dans la conduite d'un État membre dès lors que les règles, notamment européennes, sont respectées et inutile de préciser combien la France est attachée au respect des droits humains au premier rang desquels figure la liberté. Mais la liberté ne peut se concevoir sans l'ordre ». Et de conclure en indiquant que: « Il y a une chose que nous n'accepterons jamais: c'est que la France soit stigmatisée car il n'y a pas qu'en France où le sujet de l'immigration illégale se pose y compris avec les Roms ». (B.C.)

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