Bruxelles, 02/08/2010 (Agence Europe) - La modernisation du système de transport gazier ukrainien était au centre de la visite, les 27 et 28 juillet à Kiev et Odessa, de Günther Oettinger. Le commissaire européen à l'Énergie, auquel le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov a présenté la nouvelle législation nationale sur les principes du marché du gaz naturel, a confirmé le soutien de l'UE aux ambitions de l'Ukraine de dynamiser les capacités de son système de transport gazier, ainsi que la disposition des Vingt-sept à fournir l'assistance financière requise. S'il est conforme aux normes européennes, le nouveau texte de loi ukrainien devrait ouvrir la voie à l'adhésion de l'Ukraine à la Communauté de l'énergie. « [Cela] pourrait devenir une réalité d'ici six mois à un an », a estimé M. Oettinger, après son entretien avec M. Azarov. Regroupant en son sein, en plus des 27 États membres de l'UE, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, l'ex-république yougoslave de Macédoine, le Monténégro, la Serbie et la Mission d'administration intérimaire de l'ONU au Kosovo, la Communauté de l'énergie vise à créer un cadre juridique et commercial stable favorable aux investissements afin de permettre un approvisionnement en énergie stable et permanent, à créer un espace de régulation unique pour les échanges d'énergie de réseau, à améliorer l'efficacité énergétique et développer les renouvelables, et à développer la concurrence sur les marchés de l'énergie de réseau.
Le chef du gouvernement ukrainien a soutenu la proposition de la Commission européenne d'établir une commission conjointe tripartite pour examiner les questions relatives à la coopération énergétique entre l'UE, la Russie et l'Ukraine, par laquelle transite 80% du gaz russe destiné au marché communautaire. M. Azarov a réaffirmé que la disposition de l'Ukraine à investir de manière substantielle dans la modernisation de son système de transport gazier, réclamant toutefois des garanties sur l'achat par l'UE de quantités fixes de gaz russe transitant par l'Ukraine, ainsi que sur l'accord de la Russie sur la vente de ces volumes. M. Oettinger a pour sa part confirmé que le transit par l'Ukraine restait « la meilleure voie », la plus fiable et la plus sûre, pour l'approvisionnement du marché communautaire en gaz russe. « C'est la meilleure des voies, car il s'agit d'un axe d'acheminement direct qui permet la plus grande fiabilité technique ainsi que la plus grande sécurité », a déclaré le commissaire, qui a fait part de progrès dans le dialogue entre l'UE et l'Ukraine sur l'investissement dans la modernisation du système de transport de l'ancienne république d'URSS.
La Russie fournira davantage de gaz à l'UE à moyen terme, selon M. Oettinger
Si les médias ukrainiens n'ont pas manqué d'utiliser les propos de M. Oettinger pour remettre en question l'opportunité du projet russe de gazoduc South Stream, qui doit relier sous la mer Noire la Russie à la Bulgarie, avant de se diviser en deux ramifications qui traverseront les Balkans pour aboutir en Italie et en Autriche, un entretien au quotidien russe Kommerzant du 30 juillet lève certains doutes sur la position du commissaire à l'Énergie à l'égard au projet rival du projet paneuropéen Nabucco. « Aujourd'hui, la Russie fournit 25% des besoins en gaz de l'UE. Nous prévoyons de réduire prochainement notre propre production. Je suis sûr que la part du gaz russe peut se chiffrer à 30%, voire 35%, dans une perspective à moyen terme. Ceci nécessite la création d'une infrastructure fiable », indique-t-il, avant de poursuivre: « Les gazoducs Nord Stream, en chantier, et South Stream, qui est à l'étude, pourraient jouer un rôle complémentaire, tandis que les pipelines ukrainiens et biélorusses resteront prépondérants au cours des prochaines décennies ». M. Oettinger précise toutefois la préférence de l'UE pour une connexion gazière directe avec les pays de la mer Caspienne, via le gazoduc Nabucco, qui doit acheminer le gaz d'Asie centrale en contournant la Russie. (E.H.)