Bruxelles, 30/07/2010 (Agence Europe) - Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a appelé la Serbie et le Kosovo à normaliser leurs relations, dans une interview publiée vendredi 30 juillet dans le quotidien serbe Vecernje Novosti. « La normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo est une nécessité politique », souligne le ministre. « Il ne s'agit pas d'une condition à l'entrée dans l'UE au sens juridique (...) Cependant, il n'est pas envisageable que ces deux pays adhèrent à l'Union européenne sans avoir résolu leurs différends et avoir établi entre eux des relations normales entre États membres », a ajouté M. Kouchner.
Selon le ministre français, l'avis de la Cour internationale de justice (CIJ), le 22 juillet, « met définitivement un terme au débat juridique que la Serbie avait initié ». La Cour a estimé dans un avis non contraignant pour les États que la proclamation d'indépendance du Kosovo, le 17 février 2008, ne violait pas le droit international. « Il est désormais clair pour le monde entier que l'indépendance du Kosovo est irréversible, quels que soient les sentiments des uns et des autres sur celle-ci », a poursuivi M. Kouchner.
La Serbie a adressé en début de semaine un projet de résolution aux Nations unies, en prévision de l'Assemblée générale en septembre, proposant d'ouvrir des discussions entre Belgrade et Pristina sur « toutes les questions ouvertes » entre eux. L'initiative a été reçue très négativement à Pristina et par les Européens qui considèrent que Belgrade veut par ce biais reprendre des négociations sur le statut du Kosovo.
Au cours de leur déjeuner lundi 26 juillet, les ministres européens des Affaires étrangères ont débattu de la situation au Kosovo et du chemin que le Kosovo devra parcourir sur la voie de l'intégration dans l'UE. Ils ont souligné que cet avis « devrait être le début d'un processus politique de dialogue et de coopération » entre Pristina et Belgrade, sachant que « nous avons la conviction que les deux pays concernés ont un avenir au sein de l'UE. L'UE est prête à s'investir pour permettre ce dialogue et cette coopération », a expliqué à la presse mardi 27 juillet, le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere. Ce dialogue entre la Serbie et le Kosovo viserait à « promouvoir la coopération, à réaliser des avancées sur la voie de l'Europe et à améliorer la vie des populations », lit-on dans le communiqué de presse du Conseil. (L.C.)