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Bulletin Quotidien Europe N° 10089
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/euromed

Mise en place finale des structures de l'Union pour la Méditerranée, le 4 mars à Barcelone

Bruxelles, 02/03/2010 (Agence Europe) - L'Union pour la Méditerranée (UpM), née le 13 juillet 2008 à Paris, franchira, jeudi 4 mars, une nouvelle étape avec la mise en place, à Barcelone, de sa structure de gestion - un secrétariat général aux pouvoirs et compétences non encore mis à l'épreuve - et par l'octroi d'un statut qui définit l'ampleur et les limites de la mission qui lui est assignée par les 43 pays membres. Cette nouvelle institution regroupe les 27 pays de l'UE, plus dix autres du Bassin méditerranéen dont la Palestine, et en sus, Monaco, la Mauritanie, la Croatie, l'Albanie, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine. Il y manque la Libye, qui s'est montrée rétive. Le processus de Barcelone comme l'UpM lui ont paru être des complots ourdis contre la solidarité arabo-africaine, argument repris par le président sénégalais hostile, dès le départ, à ce projet qui lui semble marginaliser l'Afrique de l'Ouest. L'implication de l'Afrique subsaharienne a été un temps étudiée et un ancien ministre français à la Coopération, Olivier Stirn, avait été nommé pour étudier l'extension de l'UpM au-delà du Sahara. Cette perspective paraît avoir fait long feu, sauf dans le cas de la Mauritanie, pays atlantique, membre du groupe ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) et qui ne cesse de réclamer son rattachement à l'ensemble maghrébin. La politique méditerranéenne de l'UE a même été étendue aux pays de la zone Adriatique dont la plupart sont promis à l'adhésion à l'Union européenne. Seules exceptions, non expliquées à ce stade: la Serbie et l'ancienne république yougoslave de Macédoine.

Pour sa conception et sa mise en place, l'UpM fut et sera encore l'objet de débats vifs sur sa finalité et son mode de fonctionnement, pour savoir si elle sera au côté des institutions de l'UE ou en autonomie par rapport à celles-ci. Dans un cas comme dans l'autre, il a été question du degré d'implication des institutions communautaires de Bruxelles (Commission européenne) ou de Luxembourg (BEI) pour que les ressources budgétaires européennes réservées à la région puissent servir à financer, même partiellement, les projets qui sont l'essence même de l'UpM. Le débat n'est pas définitivement clos et les statuts adoptés lundi soir et qui seront formalisés au cours d'une réunion ad hoc du Comité des Hauts fonctionnaires, mercredi 3 mars à Barcelone, suivie le lendemain par une cérémonie d'installation sous l'égide des co-présidences (France et Égypte) et de l'Espagne, présidente semestrielle de l'UE, nécessitent encore quelques interprétations. « Ils sont à lire en les complétant par la déclaration de Marseille » (réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UpM en novembre 2008), explique un haut fonctionnaire communautaire.

Les statuts rappellent nettement que l'objectif premier est d'instaurer une « Union de projets » avec - explicitement - un rôle de « nature technique ». Sa charte de base est celle du processus de Barcelone (novembre 1995). L'UpM a pour mission d'en « renforcer l'acquis », loin de l'affirmation originelle de faire table rase du passé. La conviction est que le processus de Barcelone a plus piétiné à cause des méthodes de travail alors suivies (absence de parité) qu'à cause de la faiblesse de l'objectif ainsi réaffirmé. L'écueil principal a cependant découlé des blocages qui ont affecté depuis 1995 les négociations israélo-arabes. Le même obstacle demeure comme l'a illustré, fin 2008, l'invasion de Gaza. Il en avait résulté, de façon inédite, la décision des pays arabes de suspendre durant presque un an, toutes les activités de l'UpM. Paris, Le Caire et Madrid gardent l'œil ouvert sur les plus récents développements au Proche-Orient pour juger des chances de succès du « sommet » qu'ils prévoient de réunir en juin à Barcelone.

Les statuts adoptés consacreront l'option définie au « sommet » de Paris de créer des structures spécifiques sans que le secrétariat général puisse apparaître comme une institution politique autonome mais, plutôt comme un organisme technique d'organisation et de coordination. Le chapeau de l'édifice demeurera le Comité des Hauts fonctionnaires (SOM, Senior Officials Meeting) agissant comme une autorité de tutelle. Dans sa tâche exclusivement réservée à la proposition, la mise à l'étude des projets et au suivi de leur exécution, le secrétariat général se voit cependant attribuer un relatif droit d'initiative et de gestion courante mais autour des projets et dans le respect des priorités définies par les ministres et mises en forme par le Comité des Hauts fonctionnaires. Ce sont ces derniers, des ambassadeurs des pays membres, qui sont dotés du pouvoir d'orientation et de sanction et les seuls aptes à traiter de sujets politiques ou de la vision globale du processus EuroMed. Six secrétaires généraux seront nommés pour un mandat de trois ans avec l'injonction d'agir de façon totalement déliée des gouvernements qui les ont nommés. Les noms des personnalités choisies seront vite donnés. Une répartition des portefeuilles a déjà été annoncée. Un secrétaire général adjoint italien sera chargé des appuis aux PME et du financement de leurs activités, un Turc gérera les transports, un Grec l'énergie, un Palestinien l'environnement, un Israélien l'enseignement supérieur et la recherche et, enfin, un Maltais les affaires sociales, la protection civile et la société civile. L'opposition chypriote à la nomination d'un Turc a été contournée par une formulation qui calme les esprits. La Commission se voit réserver un « haut poste » au sein de la structure agissant comme un conseiller du secrétaire général. Il restera à Mme Ahston à trancher pour savoir si ce haut fonctionnaire représentera EuropeAid (compétence purement technique et comptable) ou des services extérieurs avec des compétences politiques. (F.B.)

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