Bruxelles, 26/02/2010 (Agence Europe) - Reçu mardi 23 février par la commission du Commerce international du Parlement européen, présidée par le Portugais Vital Moreira (S&D), le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, a présenté les priorités pour 2010 de l'organisation multilatérale qui régit le commerce mondial. En dépit de progrès encore insuffisants, depuis la réunion de New Delhi en septembre 2009, pour réduire les divergences entre les 153 pays membres, le bouclage des négociations du round de Doha reste l'objectif numéro un de M. Lamy, qui a néanmoins renoncé à une ministérielle de bilan fin mars (EUROPE
N° 10084). « Malgré de forts vents contraires, nous sommes parvenus à garder le cap », s'est félicité l'ancien commissaire au Commerce, saluant notamment l'accord, indispensable pour le round de Doha, conclu entre Européens et Latino-américains pour mettre fin au vieux conflit sur la banane. Encouragé par la résistance de l'OMC et du système commercial multilatéral face à une crise d'une ampleur sans précédent depuis 1945, M. Lamy garde l'espoir d'une conclusion heureuse du round en 2010. Dans un contexte global de sortie de crise économique, la prévention du protectionnisme constitue l'autre axe prioritaire des travaux de l'OMC en 2010. Saluant les efforts entrepris en 2009 par les capitales pour maintenir les marchés ouverts, le patron de l'OMC a dit espérer que le cap sera maintenu en 2010, d'autant plus que, selon lui, le risque d'une reprise économique sans création d'emplois reste grand. Les PME et certaines régions du globe, comme l'Afrique, ont besoin d'une attention particulière, a-t-il aussi fait valoir. Répondant aux questions soulevées par Georgios Papastamkos (PPE, grec), Yannick Jadot (Verts/ALE, français) et Helmut Scholz (GUE/NGL, allemand) sur les thèmes de l'agriculture et de la sécurité alimentaire, M. Lamy a estimé que la réalité politique est que les États-Unis et l'UE maintiendront leurs subventions agricoles, et que le volet agricole du round de Doha restera « plein de spécificités ». Le patron de l'OMC a aussi soutenu que l'ouverture des échanges agricoles est nécessaire pour résoudre les problèmes de sécurité alimentaire. Enfin, M. Lamy a fait part de sa satisfaction concernant le renforcement des pouvoirs du Parlement européen en matière commerciale, en vertu du Traité de Lisbonne. Une avancée qui, selon lui, renforcera l'emprise de l'UE dans les négociations commerciales, et rendra les pourparlers plus démocratiques, mais dont découlera une plus grande responsabilité des députés. (E.H.)