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Bulletin Quotidien Europe N° 10053
Sommaire Publication complète Par article 25 / 26
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 853

Á l'occasion du Forum sur l'état de l'Union organisé, mardi 12 janvier, par neuf cercles de réflexion (Bertelsmann Stiftung, Bruegel, CEPS, Egmont, EPC, Friends of Europe, IFRI, Madariaga et SWP) en coopération avec l'Agence Europe, nous consacrons cette Bibliothèque européenne aux publications les plus récentes que ces think tanks ont souhaité mettre en valeur. Ces publications couvrent les quatre thèmes du forum: le climat, le programme de Stockholm, la crise économique et l'Union dans le monde.

*** HANS MARTENS, FABIAN ZULEEG: Where next for the Lisbon Agenda? European Policy Centre (Résidence Palace, 155 rue de la Loi, B-1040 Bruxelles. Tél.: (32-2) 2310340 - fax: 2310704 - Internet: http://www.epc.eu ). Collection « Policy Brief », juin 2009.

L'Agenda de Lisbonne est le cadre européen pour une réforme politique structurelle qui, lancé en 2000, reste fameux pour avoir visé à ce que l'UE devienne « l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable de soutenir une croissance économique avec plus et de meilleurs emplois et une plus grande cohésion sociale » en 2010. À la lumière de l'imminence de cette date et des discussions à propos de la forme que le successeur de l'Agenda de Lisbonne devra prendre, cette étude passe en revue ses performances et propose des recommandations politiques concernant la marche à suivre.

Les auteurs reconnaissent que beaucoup des objectifs originaux de l'Agenda de Lisbonne ne pourront pas être atteints, notamment à cause d'insuffisances dans ses mécanismes de mise en œuvre. Toutefois, à la lumière des défis auxquels l'Europe fait face, avec la crise économique, l'impact d'une population vieillissante, les difficultés avec l'immigration et l'inclusion sociale, la nécessité de s'occuper du changement climatique, une économie de la connaissance qui change rapidement avec de nouveaux concurrents émergents et une demande globale de ressources grandissante, les réformes structurelles sont plus importantes que jamais pour soutenir le bien-être et la prospérité des Européens.

Pour que cet objectif soit atteint, les auteurs avancent que l'Europe nécessite un départ plus radical du changement stratégique qu'avec ce qui a été mis sur la table. Ceci doit inclure une plus grande concentration sur des zones ayant reçu peu d'attention dans le passé, y compris les services publics, le changement climatique et les finances publiques, et plus d'action au niveau européen, y compris la création d'un Marché unique pour la connaissance. Les mécanismes de mise en œuvre doivent être réformés pour assurer que les objectifs de haut niveau soient traduits en de réels progrès.

Les auteurs soulignent que, pour le moment, il semble y avoir un manque de volonté politique pour s'attaquer à ces questions plus fondamentales. Ils concluent en insistant sur le fait que « le leadership et un sens d'appropriation du prochain agenda de réformes structurelles sont vitaux: les dirigeants de l'UE doivent être convaincus de la nécessité d'agir et doivent s'attacher à promouvoir ces politiques à la maison. Ils doivent se focaliser sur la manière de créer la croissance future et des emplois dans le prochain cadre de l'UE, s'accorder sur une approche commune et être francs avec les citoyens à propos de la nécessité à long terme de créer des emplois soutenables et de la croissance au lieu de recourir à la rhétorique populiste de court terme ».

*** PIERRE DEFRAIGNE: La fausse piste de la stratégie de Lisbonne, Madariaga Paper, Vol. 2, No. 2, May 2009 (Madariaga - College of Europe Foundation, 14 Avenue de la Joyeuse Entrée, B-1040 Bruxelles. Tél.: (32-2)2096210, Fax: (32-2)2096211, Mail: info@madariaga.org, Internet: http://www.madariaga.org ).

Cette étude explore les faiblesses de la stratégie de Lisbonne en l'examinant dans une perspective à long terme. Pierre Defraigne rappelle la nature du projet d'intégration européenne, construit sur une approche visant dès le départ à accroître la productivité grâce à l'innovation, la concurrence et un grand marché intérieur ouvert. La mise en place du marché unique, équilibrée par la politique structurelle et la monnaie unique, peut-être considérée comme un succès. En revanche, la stratégie de Lisbonne a abouti, selon l'auteur, à un échec complet en raison de plusieurs faiblesses: notamment, l'improvisation, l'hypothèse néo-libérale profondément enracinée dans le modèle anglo-saxon et appliquée dans les pays dont l'économie est structurellement différente ; le fait que la stratégie mise en place pour 15 États a ensuite été appliquée à 27, ce qui aggrave les inégalités de revenus découlant de la concurrence fiscale et l'affaiblissement des institutions du marché du travail. L'auteur conclut en soulignant que l'échec de la stratégie de Lisbonne offre enfin l'occasion de réfléchir en termes critiques sur les incohérences de la répartition des compétences entre l'UE et les États membres, et impose un devoir de penser à la compétitivité autrement.

*** ELIZABETH COLLETT: Beyond Stockholm: overcoming the inconsistencies of immigration policy. European Policy Centre (Résidence Palace, 155 rue de la Loi, B-1040 Bruxelles. Tél. (32-2)2310340 - fax: 2310704 - internet: http: //http://www.epc.eu ). EPC Working Paper n°32. décembre 2009

Avec l'adoption du programme de Stockholm pour la Justice et les Affaires intérieures, la question de la gestion de la politique d'immigration et d'asile reste entière, estime l'auteur qui soutient que les responsables politiques doivent se concentrer sur un petit nombre de questions épineuses telles que l'achèvement des projets de contrôle des frontières et les concilier avec une politique équitable d'asile européen commun, et la lutte contre les migrations clandestines en élaborant des critères nationaux de régularisation. Actuellement, la Direction générale Justice, liberté et sécurité (JLS) est responsable de la politique d'immigration. Elizabeth Collett suggère d'en transférer la compétence aux directions générales chargées de l'emploi et des affaires sociales et des relations extérieures.

*** BERTELSMANN STIFTUNG, MIGRATION POLICY INSTITUTE (eds). Migration, Public Opinion and Politics. Internet: http://www.bertelsmann-stiftung.de . 2009. 392 p. 35 euros. ISBN 978-3-86793-040-6.

Les perceptions du public et la couverture médiatique des immigrés et la politique d'immigration ont un impact majeur dans le débat sur l'immigration. Comprendre l'opinion publique sur l'immigration, comment cela influence le débat politique et comment elle influe sur les perspectives de réforme est essentiel pour concevoir une stratégie pour faire progresser l'immigration réfléchie, rationnelle et efficace et une politique d'intégration. Cet ouvrage explore cette question en partant des analyses d'experts sur la façon dont nos publics perçoivent l'immigration et les immigrants, depuis leurs effets sur le marché du travail, à leur impact sur la culture et la société, à leurs perspectives d'intégration. Les auteurs mettent également en évidence la façon de parler des dirigeants politiques lorsqu'ils évoquent l'immigration. L'ouvrage se concentre en particulier sur trois études de cas: les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Ce livre est le résultat des délibérations et de la réflexion du Conseil sur la migration transatlantique, qui réunit d'éminentes personnalités politiques, des chercheurs, consultants et journalistes d'Europe et des États-Unis.

*** SUSANNE DROGE: Climate Tariffs and the Credibility of the EU Climate and Energy Package: International Climate Policy and Carbon Leakage. Collection « SWP Comments », n° 2008/C 26. Novembre 2008, 8 pp.

Le président français Nicolas Sarkozy n'a cessé de plaider en faveur du renforcement du paquet européen climat-énergie par le biais d'impositions tarifaires sur les importations en provenance de régions du monde n'ayant pas de politique climatique ambitieuse. Cependant, pour nombre de raisons, l'ambiguïté reste de mise quant à savoir comment des instruments de politique commerciale pourraient contribuer à la stratégie climatique de l'UE. De plus, l'UE fait face au défi des fuites de carbone - la migration d'émissions des territoires de l'UE vers des territoires hors UE à travers la relocalisation de la production et de l'investissement. Ce sujet pourrait surgir à l'avant-plan étant donné que le prix pour les émissions de carbone de l'UE augmentera suite à la révision en cours du schéma d'échanges d'émissions pour la période post-2012. Si la politique climatique européenne veut contribuer de manière crédible à la réduction globale des émissions de carbone, le point clef est d'arriver à des réductions à l'intérieur du territoire européen. Afin de réduire les effets de la relocalisation, des ajustements du coût du carbone aux frontières de l'UE pourraient d'ailleurs être appliqués à un petit nombre d'industries propices aux fuites. Cependant, pour le moment, toutes les tentatives pour amener ce sujet sur le devant de la scène internationale sont perçues comme une menace par les économies émergentes. Du coup, cet état de fait met en danger à son tour les négociations internationales sur le futur régime climatique des Nations Unies et les négociations de Doha sur le commerce mondial.

*** GRAHAM AVERY: Europe's Foreign Service: from design to delivery. European Policy Centre (Résidence Palace, 155 rue de la Loi, B-1040 Bruxelles. Tél.: (32-2) 2310340 - fax: 2310704 - Internet: http: //http://www.epc.eu ). Collection « EPC Policy Brief », novembre 2009.

Pour Catherine Ashton, dans sa tâche en tant que Haute représentante pour les Affaires étrangères et vice-présidente de la Commission, la création du Service Européen d'Action Extérieure (SEAE) est une priorité. Ce « Policy Brief » de Graham Avery s'intéresse aux objectifs, à la structure et à la « feuille de route » de ce nouveau service.

Il en ressort que, pour rendre la politique étrangère européenne plus cohérente, la configuration du nouveau service doit mettre les réformes du traité de Lisbonne efficacement en pratique: éviter la duplication avec d'autres parties du « système de Bruxelles » et s'assurer qu'en dehors de l'Europe, les nouvelles Délégations de l'Union parlent effectivement pour l'UE. Il ne s'agit pas de donner la priorité au « premier pilier » ou au « deuxième pilier » de la politique étrangère de l'UE, mais plutôt de s'assurer qu'ils coexistent de manière satisfaisante dans la nouvelle structure, de telle sorte que la « double casquette » du Traité de Lisbonne amène de la valeur ajoutée.

Si le SEAE parvient à rassembler du personnel des institutions européennes et de la diplomatie nationale, il développera une culture professionnelle pour laquelle les termes « national » et « européen » n'impliqueront plus une antinomie, mais bien une synergie.

*** THOMAS RENARD: A BRIC in the world: Emerging powers, Europe, and the coming order. Egmont - The Royal Institute for International Relations (69 rue de Namur, B-1000 Bruxelles. Tél.: (32-2) 2234114 - fax: 2234116 - Courriel: t.renard@egmontinstitute.be - Internet: http://www.egmontinstitute.be ). Collection « Egmont Papers », n° 31. 2009, 42 p. ISBN 978-90-382-1505-1.

Le monde unipolaire américain est fini. Toutefois, il semble tout de même trop tôt pour parler de véritable multipolarité. Ce papier offre un instantané du nouvel ordre mondial qui pointe et dans lequel seuls quelques pays émergeront en tant que points centraux du système au cours du 21ème siècle, créant une sorte de multipolarité asymétrique avec une distinction entre pouvoirs centraux dominants, pouvoirs majeurs, pouvoirs régionaux et pouvoirs locaux.

Se basant sur l'analyse de plusieurs indicateurs, l'auteur affine le « rêve BRIC » en un scénario BR-I-C plus réaliste dans lequel la Chine apparaît comme le seul pouvoir émergent pouvant défier les États-Unis dans les années à venir. L'Inde suivra le même chemin, mais son émergence sera plus lente et, à tous niveaux, moins impressionnante. Le Brésil et la Russie sont probablement les moins émergents de tous les pouvoirs émergents, mais ceci ne veut pas dire qu'ils n'émergent pas.

Quelle place restera-t-il pour l'UE dans cet ordre multipolaire? Selon la plupart des indicateurs, l'Europe a l'apparence d'un pouvoir global, mais elle ne parvient toujours pas à transformer son potentiel en réalité. Pour devenir un véritable pouvoir global ou même un grand pouvoir, c'est-à-dire un pôle majeur dans l'ordre à venir, l'UE aura besoin d'une approche plus cohérente et d'une stratégie plus intégrée. Il y a de fortes raisons pour que l'UE agisse ensemble dans la politique étrangère: l'union fait la force.

L'UE devra aussi développer ses relations avec les pôles émergents du nouvel ordre à travers des partenariats stratégiques. Une véritable utilisation stratégique des partenariats stratégiques, c'est-à-dire en fonction de la politique étrangère de l'UE, doit partir d'une évaluation complète des intérêts de l'UE dans les différentes régions du globe et de la définition claire de ses objectifs par rapport à elles.

Finalement, le papier conclut que pour que l'UE continue d'être pertinente au 21ème siècle, elle devra promouvoir un multilatéralisme efficace au niveau global et au niveau de l'UE, sceller de vrais partenariats stratégiques et développer sa capacité de leadership de manière à: a) influencer l'agenda global ; b) prendre la tête dans les domaines particulièrement importants pour l'UE. Le leadership et le multilatéralisme efficace sont complémentaires et se renforcent mutuellement. Ils sont la meilleure option pour l'Europe pour entrer dans la multipolarité en tant que pouvoir global. L'UE ne dirigera pas le 21ème siècle, mais elle peut encore devenir un pôle majeur, et elle doit évidemment éviter d'être évincée.

*** SVEN BISCOP (sous la dir. de): The value of power, the power of values: A call for an EU grand strategy. Egmont - The Royal Institute for International Relations (voir coordonnées supra). Collection « Egmont Papers », n° 33. 2009, 41 p.. ISBN 978-90-382-1514-3.

Dans sa Stratégie de Sécurité Européenne (SSE) en 2003, l'UE développe une grande stratégie, embrassant tous les instruments et ressources de politique étrangère, mais une stratégie partielle. La SSE nous dit comment faire les choses - de manière préventive, holistique et multilatérale - mais reste beaucoup plus vague sur que faire: quelles sont les priorités de la politique étrangère pour l'UE ?

Dans ce papier, un groupe international d'académiciens et de praticiens avance qu'une réelle révision stratégique de la SSE doit intervenir de manière à répondre aux questions les plus fondamentales relatives à l'objectif de la politique étrangère de l'UE, le tout conduisant éventuellement à l'écriture d'une grande stratégie. Les auteurs identifient cinq domaines prioritaires qui requièrent la définition d'objectifs concrets, de manière à diriger les politiques et les actions:

Le Voisinage: quel est l'aboutissement désiré de la Politique de Voisinage ? La démocratie seule peut-elle protéger nos intérêts, ou la démocratisation créera-t-elle un tel bouleversement que nos intérêts seraient endommagés ? Ce n'est qu'une fois que nos intérêts et lignes rouges seront clairs qu'un véritable partenariat stratégique avec la Russie pourra être poursuivi.

Élargissement: instrument efficace jusqu'à présent, un élargissement supplémentaire est déterminant pour les relations avec la Russie et pour la position géopolitique de l'UE - raison pour laquelle il ne peut intervenir sans un débat stratégique préalable.

Objectifs régionaux: une réticence à discuter des intérêts et à joindre les différentes présences européennes, de l'aide et du commerce à la diplomatie, ont sapé les politiques pour l'Asie centrale, le Golfe et l'Afrique. D'autre régions, telles que l'Asie, l'Amérique latine et l'Arctique, ont également besoin d'une évaluation complète des intérêts de l'UE afin de déterminer si notre présence doit oui ou non être augmentée.

Objectifs globaux et institutionnels: l'UE doit affûter ses vues concernant l'architecture multilatérale, conciliant réforme avec une plus grande efficacité de la représentation de l'UE, ce qui devrait conduire à une utilisation réellement stratégique de ses partenariats stratégiques avec les BRICs.

Gestion de crise: un « livre blanc » devrait définir les ambitions de l'Europe en tant qu'acteur dans le domaine de la sécurité.

*** MURIEL ASSEBURG, RONJA KEMPIN (sous la dir. de): The EU as a Strategic Actor in the Realm of Security and Defence? A Systematic Assessment of ESDP Missions and Operations. Collection « SWP Research Paper » 2009/RP 14. Décembre 2009, 107 pp.

Depuis que la Politique européenne de Sécurité et de Défense (PESD) a vu le jour en juin 1999, les capacités de l'UE en ce domaine ont augmenté de manière considérable. Vingt-trois missions et opérations de la PESD ont été déployées des Balkans jusqu'en Afrique, au Moyen-Orient et même en Asie, ce qui témoigne des efforts des États membres pour se rassembler et s'engager dans la gestion de crises et afin de relever les défis à la sécurité européenne. Au premier abord, ces engagements semblent montrer que l'UE a atteint les objectifs définis dans la Stratégie de Sécurité Européenne de 2003. Toutefois, un examen plus approfondi montre que l'UE a encore un long chemin à parcourir avant de devenir un acteur crédible et efficace dans la gestion de crises internationale.

Cette étude prend systématiquement note des forces et des faiblesses de l'instrument politique que sont les missions et les opérations de la PESD, évalue leur pertinence et efficacité en tant qu'instrument européen de gestion de crises, ainsi que leur contribution à l'affûtage de la capacité de l'UE à agir sur des matières de défense et de sécurité. Douze missions et opérations de la PESD forment la base empirique de cette étude. Les cas d'étude se concentrent sur trois aspects décisifs des déploiements de la PESD:

Comment la décision de déploiement est-elle née et comment se présente le mandat ?

Comment le mandat a-t-il été mis en œuvre ?

Quel degré d'efficacité la mission ou opération a-t-elle eu pour la gestion de crises à court et long termes ?

Il en résulte qu'aucune planification stratégique des déploiements n'a eu lieu à ce jour. De plus, les missions et opérations individuelles ont atteint des degrés de succès très différents, que ce soit au niveau de la mise en œuvre du mandat ou en ce qui concerne leur contribution à la stabilisation du terrain des opérations. Enfin, aucun type particulier de mission où l'UE aurait rencontré un succès spécial ne peut être identifié.

*** ANTONIO MISSIROLI, JANIS EMMANOUILIDIS: Implementing Lisbon: the EU Presidency's other (rotating) half. European Policy Centre (Résidence Palace, 155 rue de la Loi, 1040 Bruxelles. Tél.: (32-2) 2310340 - fax: 2310704 - Courriel: info@epc.eu - Internet: http://www.epc.eu ). Collection « Policy Brief ». Décembre 2009.

La mise en application du Traité de Lisbonne - en vigueur depuis le 1er décembre 2009 - pose une série de défis aux arrangements institutionnels antérieurs, y compris la Présidence tournante de l'UE. Antonio Missiroli et Janis Emmanouilidis éclairent, dans ce « Policy Brief », la nécessité de (re)définir la fonction spécifique de la Présidence tournante tant au sein du Conseil européen que vis-à-vis de son Président, ainsi que dans le domaine de la politique étrangère. Étant donné qu'on peut raisonnablement s'attendre à ce que les États membres continuent à rechercher de l'influence dans les affaires de l'UE pendant qu'ils (co)conduisent le Conseil, les auteurs avancent plusieurs pistes par lesquelles la Présidence tournante pourrait assurer son implication dans la nouvelle architecture sans pour autant saper les nouveaux corps et figures créés par Lisbonne.

En interne, ils suggèrent que le chef d'État ou de gouvernement de la Présidence tournante pourrait s'asseoir aux côtés de M. Van Rompuy pendant le Conseil Affaires générales précédant immédiatement un Sommet de l'UE et en parler ensuite aux médias. La Présidence tournante pourrait aussi faire rapport sur le travail préparatoire des différentes formations du Conseil sous sa supervision et organiser des réunions « thématiques » pour débattre d'affaires stratégiques de dimension nationale et européenne. Autre point également important, la Présidence tournante pourrait devenir le principal interlocuteur du Parlement européen sur les activités du Conseil et lui présenter son programme au début de chaque semestre.

En externe, ils proposent que la Présidence tournante puisse consulter le Haut représentant et vice-président sur l'agenda du Conseil Affaires étrangères ; se joindre à Van Rompuy, Barroso et Ashton lors des tenues de sommets avec des pays tiers et les organisations régionales ; organiser des réunions informelles du Conseil Affaires générales sur des sujets qu'elle juge particulièrement importants. De plus, le détenteur de la Présidence tournante pourrait aussi agir de facto en tant qu'adjoint d'Ashton au cas où son emploi du temps, que l'on devine chargé, l'empêcherait de participer à une réunion officielle.

Missiroli et Emmanouilidis en arrivent à la conclusion que la nouvelle structure de direction de Lisbonne ressemble à un « quad », avec la Présidence tournante faisant la quadrature du cercle bruxellois. Cependant, il faudra, selon les auteurs, un peu de temps pour déterminer qui tient les rênes, conduit la charrette et détermine la direction.

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