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Bulletin Quotidien Europe N° 10051
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/espace

OHB emporte sur EADS l'appel d'offres pour la construction de 14 satellites du programme Galileo

Bruxelles, 07/01/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a annoncé, jeudi 7 janvier, la passation des trois plus importants marchés du système Galileo (programme européen de radionavigation par satellite) portant sur les satellites, les services de soutien et les services de lancement. La décision, prise après dix-huit mois d'examen des offres concurrentes déposées dans chacun des trois lots, marque le véritable lancement de cet équivalent européen des systèmes américain GPS et russe Glonass. Les premiers services, comme le service ouvert, le service public réglementé et le service de sauvetage, seront disponibles dès le début de 2014. Les autres, notamment le service sécurisé de sauvegarde de la vie et le service commercial, seront activés une fois que l'UE aura mis en orbite l'ensemble des trente satellites, ce qui, en fonction de la disponibilité des fonds, n'interviendra pas avant les années 2015/2016.

Annoncée jeudi par le commissaire aux Transports, Antonio Tajani, la passation de trois des six marchés entre lesquels le système a été divisé après la dissolution en 2007 du consortium public/privé chargé de sa mise en place (EUROPE n° 9503 et n° 9554) ouvre la voie pour l'activation de la capacité opérationnelle initiale de Galileo. 18 satellites nécessaires pour les premiers services du système, les services de soutien ainsi que cinq lancements de satellites (chacun portant sur orbite deux satellites) ont à ce stade été garantis. Les commandes relatives aux travaux ultérieurs seront attribuées sur la base de nouveaux appels d'offres. Dans le marché relatif aux satellites, c'est l'entreprise allemande OHB System AG, associée au Britannique SSTL, qui a emporté la commande pour la construction de quatorze des vingt-deux satellites restants du système pour une valeur de 566 millions d'euros, en emportant ce marché face au consortium EADS Astrium GmbH. Le premier satellite devrait être fourni en juillet 2012, avec le lancement prévu pour octobre de la même année. À partir de cette date, l'UE devrait mettre en orbite deux satellites approximativement tous les trois mois. Quatre satellites déjà commandés, auprès d'Astrium notamment, dans le cadre de la phase de validation du programme (phase IOV) actuellement en cours, seront lancés dès cette année. Parlant à la presse, le commissaire aux Transports a annoncé le lancement de deux satellites avant la fin de l'année (fin novembre). Deux autres seront lancés en 2011. Les satellites restants seront acquis sur base d'un nouvel appel d'offres et choisis « en fonction de l'offre la plus avantageuse », note la Commission dans le communiqué publié jeudi. Chacune des deux entreprises avait signé fin décembre avec la Commission un contrat cadre, s'étendant de 2010 à 2015, qui ouvre la voie pour la fourniture d'un maximum de 32 satellites.

Dans le segment relatif aux services de soutien, le marché a été attribué à l'italien Thales AleniaSpace pour une valeur de 85 millions d'euros. Le contrat cadre signé avec cette entreprise est valable jusqu'en 2016. Le contrat spécifique attribué jeudi pour la première commande des travaux spécifie que Thales sera chargé entre autres de l'ingénierie du système, des signaux dans l'espace et du segment au sol, de l'assemblage du système. Dans le domaine des lanceurs, le marché a été attribué à Arianespace (France) pour 397 millions d'euros. Le marché porte sur cinq lancements avec les lanceurs Soyouz (seuls disponibles à ce stade) à partir de Kourou, chacun emportant deux satellites. Le contrat prévoit aussi les options concernant le lancement des quatre derniers satellites. En fonction des fonds disponibles ainsi que de la capacité de l'industrie européenne, ces options prévoient soit la poursuite des lancements avec Soyouz (deux lancements supplémentaires) soit un seul lancement avec Ariane 5 qui, elle, emportera quatre satellites. Le premier lancement est prévu pour fin novembre 2010.

« Le programme a vraiment commencé », a insisté devant la presse Antonio Tajani, en précisant que le service ouvert, le service public réglementé et le service de recherche et sauvetage seront disponibles dès le début de 2014. Le service « sauvegarde de la vie » et le service commercial seront testés à partir de cette date et seront disponibles dès que tous les 30 satellites du programme seront sur orbite. Ainsi, pour les services liés à la sécurité, le signal Galileo ne sera pas validé avant 2015 ou 2016 - la date dépendant dans une large mesure des moyens disponibles pour le programme. Interrogé sur le coût final du programme, M. Tajani a admis une augmentation provoquée par l'accroissement des prix des lanceurs (EUROPE n°10035) en ajoutant néanmoins qu'à ce stade le prix du programme était « à peu près dans le budget ». Outre, les multiples applications que garantira le programme, l'Europe gagne « l'indépendance politique » dans le marché de la navigation par satellite et engendrerait des gains estimés à « 90 milliards d'euros » entre 2010 et 2027, a-t-il souligné. Les trois marchés restants (infrastructure au sol, infrastructure de contrôle au sol et exploitation) devraient être attribués « au plus tard mi-2010 », a indiqué M. Tajani. Les soumissionnaires ont deux semaines pour obtenir l'information et préciser les détails des contrats, qui seront signés après ce délai par l'ESA (Agence spatiale européenne) au nom de la Commission. (A.By.)

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