Bruxelles, 30/11/2009 (Agence Europe) - À l'occasion de la réunion des ministres de l'Intérieur de l'Union européenne, qui a eu lieu lundi 30 novembre, le coordinateur européen de lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, a présenté un état des lieux semestriel de la menace terroriste dans l'UE ainsi que dix priorités destinées à renforcer la stratégie européenne de lutte contre ce fléau. « Quand on regarde les projets d'attentats déjoués, les cellules démantelées et le développement de plusieurs affaires, on doit conclure que la menace est moins aiguë, même s'il faut rester attentif », a déclaré M. de Kerchove. Pour lui, Al-Qaeda reste la source de menace « la plus sérieuse » en Europe car le groupe a encore le pouvoir d'inspirer et de motiver des individus à commettre des attentats sur le sol européen. Le plus important, a-t-il estimé, est de réaliser que « la menace évolue constamment », comme le montre, par exemple, l'émergence de petits groupes qui n'ont aucun lien apparent entre eux, mais dont les techniques sont partagées sur Internet. Les groupes terroristes ont aussi démontré leur intérêt pour le développement des capacités liées aux armes chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), a-t-il dit. Si beaucoup a été fait en matière de protection et de poursuite, M. de Kerchove a rappelé qu'un effort restait à faire au sujet de la prévention et de la réponse face à d'éventuelles attaques terroristes. Dans ce contexte, il a identifié dix priorités auxquelles les États membres devraient s'atteler dans le futur: - le renforcement des politiques de soutien aux victimes du terrorisme. La future Présidence espagnole en fera un thème central de son mandat; - la promotion des droits de l'Homme, via par exemple une meilleure protection des données; - l'intensification du travail de prévention, en particulier concernant la radicalisation terroriste; - une politique alliant développement et sécurité à l'attention de pays tiers où la menace grandit (Yémen, Mali, Mauritanie); - l'amélioration du cadre juridique, par exemple en examinant l'adoption de législations communes sur les techniques d'investigation (recherche informatique à distance) et la reconnaissance mutuelle en matière de collecte des preuves; - la gestion de l'information et la protection des données. Dans ce domaine, M. de Kerchove préconise d'examiner le besoin d'un PNR européen et la possibilité d'un programme financier de traque du financement du terrorisme, à l'instar du système déjà existant aux États-Unis (TFTP); - il souhaite aussi que les États membres se concentrent sur les « softs targets » (hôtel de prestige, les évènements populaires comme l'Oktoberfest en Allemagne, la sécurité maritime, aérienne et ferroviaire); - le coordinateur souhaite aussi une réflexion sur les éléments nouveaux à prendre en compte sous le dénominateur « infrastructure critique » et propose ainsi d'y inclure le cyber-espace, lequel constitue aussi une « arène » pour la propagande de guerre; - le partenariat public-privé devrait être renforcé grâce notamment à l'organisation, sous Présidence belge, d'un Sommet entre les représentants des États membres, des institutions européennes et de l'industrie de la sécurité; - enfin, M. de Kerchove suggère de créer un véritable espace de la recherche en sécurité via le renforcement du Réseau européen des départements technologiques pour la sécurité intérieure et l'amélioration des synergies entre la recherche effectuée en matière de défense et de sécurité intérieure. (B.C.)