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Bulletin Quotidien Europe N° 10030
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/chine

Beijing insiste sur la nécessité des transferts et sur la stabilité du yuan

Genève, 30/11/2009 (Agence Europe) - À une semaine de l'ouverture de la conférence internationale de Copenhague (7-18 décembre), le dossier climatique a dominé les discussions du 12ème sommet UE/Chine, le 30 novembre à Nanjing, où le Premier ministre suédois et président du Conseil européen, Fredrik Reinfeldt et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont accentué la pression sur leur hôte chinois, le Premier ministre Wen Jiabao, pour que la Chine assume significativement sa part du fardeau dans le cadre d'un accord post-Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Le défi climatique ne peut être relevé sans que la Chine prenne un rôle de leader et (accepte sa) responsabilité », a insisté M. Reinfeldt, s'exprimant devant la presse à l'issue des travaux. « Les contributions mondiales mises sur la table pour réduire les émissions ne sont pas suffisantes » pour limiter la hausse des températures à 2°, a-t-il poursuivi, ajoutant que « davantage doit être fait ». L'UE souhaite que Beijing consente à faire davantage d'efforts que son engagement, annoncé jeudi 26 novembre, à réduire l'intensité en carbone de l'économie chinoise - les émissions polluantes par unité de PIB - de 40 à 45% d'ici 2020 par rapport à 2005, en échange de quoi les Vingt-sept accepteraient d'intensifier leur coopération en matière environnementale, en accentuant les transferts de technologie à destination des économies en développement. « Atteindre cet objectif demandera des efforts énormes et il marque une contribution majeure aux efforts mondiaux », a assuré pour sa part M. Wen, promettant que la Chine contribuera « à faire avancer la conférence de Copenhague dans la bonne direction ». Comme le président américain Barack Obama, le Premier ministre chinois se rendra dans la capitale danoise. M. Wen a toutefois réaffirmé le souhait de la Chine que le régime post-Kyoto prévoit un traitement différencié pour les pays en développement. « La clé du succès serait de suivre le principe de responsabilités communes mais différenciées », a insisté le chef du gouvernement chinois. Pour la Chine comme pour les pays en développement, les économies développées doivent reconnaître leur responsabilité historique du changement climatique, en assumant la plus grande partie du fardeau collectif. Les pays les plus industrialisés devraient aussi consentir à fournir un soutien financier adéquat aux économies en développement, et à leur transférer les technologies sur l'efficacité énergétique et environnementales, pour lesquelles l'UE en particulier est à la pointe au plan mondial.

Au plan bilatéral, dirigeants européens et chinois se sont engagés à intensifier leurs efforts pour renforcer les échanges commerciaux et les flux d'investissement entre l'UE et la Chine et accroître significativement l'accès à leurs marchés respectifs, afin de lutter contre la crise économique. Dans leur déclaration finale, les parties réaffirment leur engagement au dialogue économique et commercial de haut niveau. Dirigeants européens et chinois ont convenu de recourir à tous les moyens pour élargir l'ouverture et la réforme économique dans leurs relations et pour garantir, dans leurs économies respectives, un environnement ouvert, stable et prévisible afin d'y créer des opportunités pour leurs entreprises. L'UE et la Chine conjugueront leurs efforts pour faciliter les relations commerciales et financières entre leurs PME et exploreront les possibilités de coopération dans d'autres domaines, dont le financement d'opérations commerciales et les transferts de technologie.

En revanche, concernant la question du taux de change de la devise chinoise, les dirigeants européens ne sont pas parvenus, malgré la venue à Nanjing d'une imposante délégation sur les questions financières, emmenée par le Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, le commissaire aux Affaires financières, Joaquín Almunia et le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, à convaincre leurs homologues chinois de réévaluer le yuan, dont la sous-évaluation actuelle pénalise les économies européenne et américaine. Malgré la souplesse affichée récemment, la Chine a confirmé son souhait de ne pas réévaluer significativement le yuan à court terme. Devant ses homologues européens, M. Wen a répété l'importance d'une devise stable pour l'économie chinoise, en dénonçant les « pressions injustes » en faveur d'une appréciation du yuan. « Le maintien d'un taux de change stable du renminbi est crucial pour la stabilité économique chinoise. Nous continuerons d'améliorer le mécanisme de taux de change et de maintenir la stabilité de base du renminbi à un niveau approprié », a expliqué le Premier ministre chinois, avant de dénoncer les « pressions » de la part de pays qui pratiquent le « protectionnisme commercial sous différentes formes ». Dimanche, MM. Juncker, Almunia et Trichet avaient de nouveau appelé Beijing à une « appréciation ordonnée et graduelle » du renminbi.

Soulignons enfin qu'ont été signés, en marge du sommet, plusieurs accords de coopération, comme un mémorandum d'entente sur la phase 2 d'un projet de charbon à émission de CO2 quasi nulle ou un mémorandum d'entente sur un mécanisme de coopération sur les secteurs industriels. (E.H.)

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