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Bulletin Quotidien Europe N° 9987
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/pesd

Amorce d'un accord en vue d'un engagement de l'UE en Somalie

Göteborg, 29/09/2009 (Agence Europe) - Réunis à Göteborg, mardi 29 septembre, pour la deuxième journée de leur réunion informelle, les ministres de la Défense de l'UE ont dans leur majorité soutenu l'idée d'un engagement européen en faveur du gouvernement de transition de Somalie, sans toutefois régler les modalités de ce soutien. « L'Union européenne est prête à examiner de quelle façon elle peut contribuer au soutien du gouvernement de transition » en Somalie, a précisé à la presse un diplomate européen, sans préjuger de l'éventuel lancement d'une mission civile au titre de la PESD. Cette option n'est au demeurant pas écartée, l'Allemagne, la France, l'Espagne et le Royaume-Uni ayant envisagé la possibilité pour l'UE de participer à la formation des forces de sécurité somaliennes. La réunion a aussi ouvert la voie au renforcement de la coopération dans le domaine de la surveillance maritime, mais n'a pas permis de dégager un consensus sur une interprétation plus flexible des groupements tactiques.

Somalie. Se basant sur les recommandations du Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, la plupart des délégations ont soutenu, mardi, l'engagement en faveur des forces de sécurité somaliennes. La France, qui s'est engagée en avril dernier à former à Djibouti un bataillon de forces de sécurité somaliennes, lancera début octobre le deuxième cycle de la formation. Chypre et le Luxembourg, qui contribuent financièrement à la mission française, ont réaffirmé leur engagement. L'Espagne et l'Allemagne ont aussi apporté leur soutien aux solutions civiles. Interrogé par EUROPE, le ministre allemand de la Défense, Franz Josef Jung, a précisé qu'il fallait encore déterminer de quelle manière ce soutien pourrait intervenir. Cité par l'AFP, M. Jung a toutefois indiqué qu'il accordait « son soutien général » à l'initiative française de former les forces de sécurité. « L'Espagne considère que la solution (en Somalie) n'est pas militaire » et va donc soutenir des solutions renforçant les volets civils et des actions terrestres, a déclaré pour sa part la ministre espagnole Carme Chacón. Le Royaume-Uni, qui finance déjà deux centres de formation de gardes-côtes somaliens (à Mombassa et à Aden), ne s'est pas non plus opposé à un engagement au niveau européen. Selon Londres, les modalités de cet engagement restent néanmoins à examiner.

Pour d'autres États membres, comme la Pologne, le lancement d'une nouvelle mission PESD pourrait toutefois être délicat en ce moment. Avant de prendre une telle décision, il serait en effet préférable de s'assurer qu'un effectif suffisant sera disponible pour constituer la mission. Devant la presse, le ministre suédois de la Défense et président en exercice du Conseil, Sten Tolgfors, a indiqué mardi que la Présidence suédoise présentera des propositions concrètes dans les semaines à venir. Quoi qu'il en soit, les ministres reviendront sur cette question le 16 novembre, lors du Conseil Affaires générales /Relations extérieures élargi aux ministres de la Défense (Conseil Jumbo).

Surveillance maritime. Après un bref débat qui s'est déroulé lors de la première journée de travail, lundi 28 septembre, les ministres de la Défense sont parvenus à un accord unanime sur la nécessité de renforcer la coopération dans le domaine de la surveillance des mers. « Nous avions eu une excellente première session » et « nous nous sommes mis d'accord (pour) partager et utiliser l'information qui existe déjà », a déclaré à la presse le ministre suédois. L'objectif de la Présidence suédoise étant de parvenir à un accord politique sur l'amélioration de la coopération inter-piliers, inter-agences et internationale dans le domaine de la surveillance maritime. Il s'agirait en particulier de coordonner, au niveau européen, différentes initiatives existant dans ce domaine (notamment le projet développé actuellement par l'Agence européenne de défense - AED), des initiatives civiles financées par la Commission européenne ainsi que des initiatives régionales. « Relier les différents systèmes nationaux, ça ne coûte pas cher et c'est efficace », a insisté M. Tolgfors. La présidence va donc poursuivre les travaux, sur base d'un rapport préliminaire du groupe d'experts de l'AED et d'une communication de la Commission européenne sur l'intégration de la surveillance maritime prévue pour le 15 octobre. Elle cherchera à obtenir un accord au Conseil Jumbo du 16 novembre prochain.

Groupements tactiques. Lundi aussi, les ministres ont eu un premier débat sur une autre priorité de la présidence qui vise à rendre l'utilisation des groupements tactiques plus flexible grâce au recours à une déclaration d'engagement volontaire (EUROPE n° 9985). « Un grand nombre d'États étaient en faveur de la flexibilité renforcée », mais certains ont craint qu'une telle évolution ne desserve la crédibilité des groupements tactiques, a constaté M. Tolgfors. Une partie des États membres, en particulier les plus petits, ont mis en avant la nécessité d'accroître le financement, a-t-il précisé, en observant toutefois que les États membres étaient tous d'accord sur la nécessité de renforcer la coopération entre les groupements tactiques mis simultanément en astreinte. L'Allemagne, qui s'oppose au changement du concept, s'est néanmoins engagée à ne pas bloquer les initiatives de ceux qui souhaiteraient affecter leur groupement tactique à d'autres buts que ceux prévus dans le concept actuel. Le Royaume-Uni et la France ont soutenu l'approche de la présidence, tout comme l'Espagne, selon qui un usage plus flexible des groupements tactiques ne devrait pas remettre en cause la capacité de réaction rapide de l'UE. Les discussions se poursuivront elles aussi lors du Conseil Jumbo à venir.

Bosnie-Herzégovine. En attendant la prochaine réunion du Conseil de la mise en œuvre de la paix (PIC), prévue début novembre, les ministres ont également fait le point, en présence du commandant de l'opération de l'UE en Bosnie-Herzégovine (EUFOR Althea), le général John McColl, sur la situation dans le pays. (A.By.)

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