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Bulletin Quotidien Europe N° 9968
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

M. Barrot présente le programme européen commun de réinstallation pour les réfugiés

Bruxelles, 02/09/2009 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité, Jacques Barrot, a présenté à la presse, mercredi 2 septembre, sa communication sur la création d'un programme commun volontaire pour la réinstallation dans les États membres de réfugiés qui bénéficient déjà de l'asile dans des pays tiers. Cette communication a fait l'objet d'un article dans notre bulletin précédent (EUROPE n° 9967). « Nous voulons donner un cadre structuré pour une coopération communautaire plus active dans ce domaine. Aujourd'hui, environ dix États membres pratiquent la réinstallation externe (Suède, Danemark, Finlande, Pays-Bas, Royaume-Uni, Irlande, France, Roumanie, Portugal, République tchèque)», a rappelé M. Barrot. D'autres pays comme l'Allemagne, le Luxembourg, l'Italie et la Belgique se sont engagés à réinstaller sur une base ad hoc, notamment des réfugiés irakiens en provenance de Jordanie et de Syrie. « Notre souci est de coordonner sur une base volontaire les efforts de certains États membres et de stimuler de nouvelles vocations pour d'autres », a-t-il déclaré. « Nous souhaitons accroître le nombre de réinstallations de personnes les plus vulnérables en Europe », a-t-il encore souligné. En 2008, ce sont environ 65 000 réfugiés qui ont été réinstallés au niveau mondial: 4 378 d'entre eux, soit 6,7 %, l'ont été dans l'un des États membres de l'UE. L'objectif est donc de motiver les États membres pour qu'ils en fassent davantage. Pour arriver à ses fins, a expliqué le commissaire, l'Union européenne pourra compter sur un groupe d'experts sur la réinstallation qui identifiera les priorités annuelles communes et vérifiera quels sont les réfugiés les plus aptes à entrer en Europe. Ce programme servira aussi à mutualiser les moyens et les crédits utilisés par les États membres en vue de la réinstallation. La Commission aidera les États membres à réinstaller des réfugiés à hauteur de 4000 euros par personne. Une partie du Fonds européen pour les réfugiés, soit 20 millions d'euros, sera utilisée à cette fin, notamment en faveur des Irakiens qui sont en Jordanie et en Syrie. Le commissaire a expliqué que ce programme de réinstallation externe avançait parallèlement au projet de réinstallation interne à l'UE. Il s'agit d'un projet pilote visant à répartir un certain nombre de réfugiés situés à Malte dans d'autres États membres de l'UE. Le commissaire tiendra au courant les ministres de l'Intérieur de l'UE des avancées de ce projet pilote le 21 septembre prochain. À ce sujet, il se défend de vouloir imposer des quotas aux États membres et dit préférer l'appel à la solidarité des pays européens. « La Commission ne peut pas être accusée d'inaction », a-t-il rappelé, mettant plutôt en avant la « timidité » et la « frilosité » des États membres. M. Barrot s'est également attardé sur l'immigration illégale en Europe, laquelle connaît, selon lui, une diminution de près de moitié partout dans les pays du sud, sauf en Grèce où, dit-il, la situation s'aggrave. C'est dans ce contexte que le commissaire a annoncé qu'il se rendrait prochainement en Turquie, mais aussi en Libye, pour requérir de ces pays des efforts supplémentaires en matière de lutte contre l'immigration illégale. Les efforts à consentir pour la Turquie « ne font pas partie juridiquement parlant de la négociation d'adhésion, mais ils font partie d'un contexte dans lequel la Turquie a un intérêt à participer », a lancé M. Barrot. Interrogé sur la position de la Commission concernant le refoulement par l'Italie de migrants vers la Libye, le commissaire a simplement signalé qu'il attendait la réponse, dans les deux mois, du gouvernement italien aux questions qui lui ont été adressées en juillet. « Le grand problème est que nous avons affaire à des flux mixtes mêlant des immigrants irréguliers et des potentiels demandeurs d'asile », a martelé M. Barrot. Le commissaire a toutefois tenu à adresser une mise en garde: « Le renvoi des immigrants ne peut se faire que dans des situations convenables pour leur santé et pour leur vie. Tout renvoi qui serait fait dans des conditions mettant la vie de ces gens en jeu serait inacceptable ». (B.C.)

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