Bruxelles, 24/07/2009 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de l'Immigration, Jacques Barrot, a adressé, vendredi 17 juillet, une mise en garde contre les risques liés à la politique d'immigration en Europe. Alors que, depuis 2002, au moins 4 000 personnes ont perdu la vie en tentant de traverser la Méditerranée sur des embarcations de fortune, « l'été risque à nouveau d'être le temps des tragédies de l'immigration en mer Méditerranée », a-t-il prévenu dans une tribune publiée dans Le Monde. Au-delà de ce danger immédiat, auquel il faut naturellement tenter d'apporter des réponses, le commissaire estime que la question de l'immigration comporte trois risques, qu'il faut à tout prix éviter. « Le premier risque est celui d'une vision négative des flux migratoires, accentuée par un contexte de crise économique. Nous avons besoin de l'immigration pour éviter à l'Europe le crash démographique qui menace nos économies et nos systèmes de protection sociale », a-t-il souligné. Le deuxième risque, renchérit-il, est celui d'une confusion entre immigration et asile, rendu plus grand par le caractère composite des flux de migrants arrivant en Europe. « Or l'émigré économique n'est pas le réfugié qui fuit son pays, menacé par les persécutions provoquées par les guerres ou par la terreur à l'encontre des minorités », a rappelé M. Barrot. Pour lui, le troisième risque est enfin « de croire que la gestion des flux migratoires et du droit d'asile peut se résoudre essentiellement au plan national, sans une coordination européenne très étroite. Cette fragmentation des politiques migratoires est une absurdité dans l'espace sans frontières de Schengen ». (B.C.)