Bruxelles, 19/05/2009 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de la Justice, de la Sécurité et de la Liberté, Jacques Barrot, s'est montré plutôt positif quant à l'avenir du Système d'information Schengen de seconde génération (SIS II). « Les derniers tests sont plutôt favorables, et l'architecture technique de ce nouveau système semble au point, de sorte que nous en discuterons lors du Conseil des ministres de la Justice de l'espace Schengen, les 4 et 5 juin prochains, avec l'espoir d'aboutir à des décisions d'ici à la fin de l'année », a-t-il indiqué, lors d'une interview parue le 19 mai dans quotidien suisse Le Temps. Ces propos contrastent avec ceux tenus par les délégations allemande et autrichienne, lesquelles considéraient encore le mois dernier que la Commission était « incapable » de respecter les délais imposés (le lancement du SIS II était prévu pour septembre 2009), mais aussi de « dire la vérité » sur la situation réelle, a indiqué une source diplomatique. Lors de son entretien, le commissaire Barrot a également critiqué le contrôle fréquent des voyageurs dans les trains suisses par les gardes-frontières helvétiques. « Les Accords de Schengen prévoient la possibilité, dans les pays membres, de mener des contrôles d'identité ponctuels et inopinés pour diverses raisons d'ordre public, comme la suspicion de trafic de drogue », a-t-il affirmé. Selon lui, « il n'est pas question, en revanche, que ces types de contrôles deviennent réguliers et systématiques. Si tel est le cas, alors ces pratiques policières ne respectent pas 'l'esprit Schengen' et pourraient devenir un vrai problème ». Et de répéter: « Des contrôles peuvent avoir lieu, mais ils doivent être motivés par une finalité explicite. Ce n'est pas la peine de supprimer les frontières si l'on multiplie ensuite les vérifications d'identité à l'intérieur de l'espace Schengen ». Dans le contexte de la libre circulation des travailleurs, le Conseil fédéral suisse examine en ce moment l'éventuelle activation de la clause de sauvegarde, puisque, pour les titres de long séjour, les quotas de ressortissants de l'UE sont dépassés. Cette mesure concernerait les autorisations de séjour B pour les ressortissants des quinze anciens États membres de l'UE, ainsi que de Chypre et de Malte. « L'usage de cette clause de sauvegarde est concevable. Elle ne dérogerait pas à nos accords. Mais j'y verrais, pour ma part, un signal politique très regrettable », a estimé M. Barrot, avançant qu'il serait dommage que l'image d'une Suisse ouverte à l'Union européenne se trouve ainsi écornée. (B.C.)