Bruxelles, 19/03/2009 (Agence Europe) - Malgré l'engagement pris au sommet de Washington de rejeter le protectionnisme, la plupart des pays du G20, depuis novembre, ont adopté des mesures restrictives ou porteuses de distorsions aux échanges, ce que révélait déjà une récente note de la Commission européenne, qui ne prenait évidement pas en compte les faits et gestes de l'UE (EUROPE n° 9856). C'est ce que confirme une étude de la Banque mondiale, publiée le 17 mars, qui liste 66 mesures susceptibles d'affecter les échanges, dont 47 sont déjà mises en œuvre, prises par 17 des pays du G-20, dont l'UE et ses États membres. Sont surtout pointés du doigt les aides au secteur automobile qui s'élèvent à 48 milliards de dollars (36,6 milliards d'euros), dont 90% pour les seuls pays développés, l'arrêt des importations chinoises de porc irlandais, l'interdiction des jouets chinois en Inde ou l'augmentation des droits de douane russes sur les voitures d'occasion. Ces mesures sont généralement d'une portée « limitée », relativise toutefois la Banque mondiale, tout en affirmant qu'elles peuvent avoir un effet négatif sur certains exportateurs. De source proche du dossier à l'OMC, l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite et le Japon sont les seuls bons élèves du G20. À la veille du sommet de Londres, le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, exhorte donc les responsables politiques des pays du G20 à ne pas céder au protectionnisme, aussi bien en matière de commerce et d'investissement, de plan de relance ou de sauvetage de banques, et à s'engager à faire progresser le round de Doha. Le 2 avril, les pays du G20 devraient s'engager à confier à l'OMC des rapports réguliers, à des intervalles de trois mois, sur l'état des politiques commerciales et des restrictions. La mise à jour du rapport de l'OMC, publié fin janvier, sur l'évolution récente du commerce en liaison avec la crise financière (EUROPE n° 9837), est attendue pour le 27 mars. Dans son projet de conclusions, le Conseil européen, qui se réunit les 19 et 20 mars, devrait appeler le G20 à éviter le protectionnisme et à conclure un accord multilatéral bouclant le round de Doha. (E.H.)