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Bulletin Quotidien Europe N° 9865
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/partenariat oriental

Les Vingt-sept donneront ce vendredi leur bénédiction politique au Partenariat oriental, mais la question du budget reste ouverte

Bruxelles, 19/03/2009 (Agence Europe) - Le Conseil européen donnera, ce vendredi 20 mars, son feu vert politique au « Partenariat oriental » qui pourra par conséquent être officiellement lancé début mai lors d'un sommet spécial avec les dirigeants des six pays bénéficiaires: Ukraine, Géorgie, Moldova, Arménie, Azerbaïdjan, (éventuellement) Bélarus. Cependant, le problème du financement de cette nouvelle politique ne sera pas résolu par les chefs d'État et de gouvernement et devra, par conséquent, être traité au Conseil dans les semaines à venir en vue d'une solution avant le lancement des premiers projets.

Il y a un « large accord politique » au sein du Conseil sur le Partenariat oriental « mais des discussions supplémentaires seront nécessaires pour régler certains aspects », dont notamment le budget, a dit, jeudi, le ministre tchèque des Affaires étrangères et actuel président du Conseil de l'UE, Karel Schwarzenberg, lors d'un séminaire organisé par le European Policy Center (EPC) à Bruxelles. Ces points en suspens ne devraient cependant pas mettre à mal le calendrier de la Présidence tchèque qui souhaite convoquer un sommet du « Partenariat oriental » le 7 mai prochain à Prague, a dit M. Schwarzenberg. Le ministre tchèque a clairement laissé entendre que la Présidence soutient la proposition de la Commission européenne qui a prévu un budget de 600 millions d'euros pour les quatre années à venir. De ces 600 millions d'euros, 250 millions proviendraient d'une reprogrammation de fonds déjà disponibles dans le cadre de la politique européenne de voisinage (PEV), tandis que les 350 millions d'euros restants devraient être trouvés dans les réserves de la rubrique 4 du budget de l'UE (relations extérieures). Sans vouloir mettre en doute l'importance du Partenariat oriental, certains pays membres méditerranéens de l'UE, la France en tête, insistent sur le respect de la règle des « 2/3 du budget de la PEV pour le Sud, 1/3 pour l'Est » fixée au moment de l'adoption des perspectives financières 2007-2013 de l'Union. « Même si nous suivions telle quelle la proposition budgétaire de la Commission pour le Partenariat oriental, cette règle des 2/3 pour le Sud et du 1/3 pour l'Est serait toujours respectée », a affirmé M. Schwarzenberg. Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radek Sikorski, qui participait également au séminaire de l'EPC, a encore été plus catégorique. « Les 600 millions d'euros sont le strict minimum », a-t-il dit, soulignant que le Partenariat oriental (à l'origine une idée conjointe de la Pologne et de la Suède) « ne pourra avoir d'impact que s'il dispose de suffisamment de ressources ». M. Sikorski est même allé plus loin. Il espère que les institutions financières (BERD, BEI, etc.) et les États membres s'engageront à apporter des fonds nationaux supplémentaires à cette politique. « La Pologne, en tout cas, est prête à libérer des ressources nationales substantielles » pour dynamiser davantage le Partenariat oriental, « et la Suède fera de même », a annoncé Sikorski (qui espère aussi un geste similaire de l'Allemagne, a-t-il dit). Le vice-Premier ministre ukrainien, Hryhoriy Nemyria, a lui aussi exhorté l'UE à prévoir suffisamment de ressources budgétaires pour le Partenariat oriental, « faute de quoi les attentes très élevées (dans les pays bénéficiaires) ne pourront pas être rencontrées ». « Un échec du Partenariat oriental et de la politique de voisinage en général pourrait même miner le succès de l'élargissement de l'UE vers l'Europe centrale et orientale », estime M. Nemyria. Le vice-premier ministre ukrainien et le ministre polonais des Affaires étrangères, M. Sikorski, ont aussi tous les deux plaidé pour la nomination d'un ou de plusieurs
« coordinateurs» chargés de préparer et de superviser des projets et d'assurer la coordination horizontale des activités lancées dans le cadre du Partenariat oriental. Également présente jeudi au séminaire de l'EPC, la commissaire Benita Ferrero-Waldner a rejeté cette idée. Nommer un « coordinateur externe », en dehors du Conseil et de la Commission, ferait « double emploi » avec le travail de coordination effectué par la Commission, estime-t-elle. Elle a, en revanche, annoncé des mesures en vue de mieux coordonner la gestion du Partenariat oriental au sein même des services de la Commission.

Karel Schwarzenberg a aussi indiqué jeudi que la Présidence tchèque n'avait pas encore décidé si un représentant du Bélarus sera invité au sommet de Prague. « Nous estimons que le Bélarus devrait être fortement impliqué dans le Partenariat oriental mais le degré de participation dépendra de la manière dont le pays se comporte en matière de démocratie et respect des droits de l'Homme », a dit le ministre. La participation « d'un représentant du Bélarus » au sommet de Prague dépendra des mesures que le président Loukachenko prendra (ou ne prendra pas) dans les « semaines à venir », a conclu M. Schwarzenberg. (H.B.)

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