login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9859
Sommaire Publication complète Par article 23 / 30
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

L'UE conclut à l'échec de la lutte mondiale anti-drogue

Bruxelles, 11/03/2009 (Agence Europe) - Les dix années de politiques mondiales de lutte contre la drogue n'ont pas pu enrayer ce fléau, estime un rapport commandé par la Commission européenne et présenté mardi 10 mars à Vienne. « Aucun élément ne fait apparaître une diminution du problème mondial de la drogue sur la période allant de 1998 à 2007 » et ce malgré l'intensification des politiques de lutte anti-drogue, estime une étude réalisée par une équipe d'experts internationaux indépendants. Ces derniers jugent même que le phénomène mondial de la drogue est devenu encore « plus complexe ». Alors même que les producteurs et les revendeurs sont sévèrement punis, « les prix des drogues ont chuté de pas moins de 10 à 30 % depuis 1998 », et « aucun élément ne donne à penser qu'il est plus difficile de se procurer de la drogue », souligne le rapport. Sa publication coïncidait avec l'ouverture mercredi à Vienne d'une réunion des 53 États membres de la Commission des stupéfiants de l'ONU, destinée à tirer le bilan de dix années de politiques mondiales anti-drogues lancées par l'Assemblée générale des Nations unies en 1998. « La majorité des dommages observés proviennent des politiques menées, plutôt que des drogues elles-mêmes », a indiqué, selon l'AFP, le Pr Peter Reuter, qui a dirigé les recherches pour ce rapport. S'il est « très difficile d'établir l'effet d'une répression accrue sur les quantités (disponibles sur le marché) et les prix », la lutte anti-drogue a, en revanche, pour effet d'aggraver la corruption et la grande criminalité, et de multiplier les risques sanitaires pour les consommateurs, selon les experts, qui se gardent toutefois de formuler des recommandations. « D'une manière générale, la situation s'est légèrement améliorée dans certains des pays les plus riches alors qu'elle a empiré dans d'autres, de façon parfois brutale et importante, notamment dans quelques grands pays en développement ou en transition », souligne le rapport. Suggérant que l'ère du tout répressif n'a pas abouti, l'étude considère que l'une des conclusions importantes est que les politiques de réduction des risques gagnent du terrain dans un nombre croissant de pays qui les considèrent comme « un moyen efficace de réduire les maladies, les troubles sociaux et la mortalité liés à la drogue ». Et le Pr Reuter de souligner: « Des pays jadis très réticents comme la France et la Suède, et même l'Iran et la Chine, ont adopté des programmes de distribution de méthadone ». Selon lui, cela a plus contribué que la répression au léger tassement de la consommation en Europe et aux États-Unis de drogues dures, par ailleurs en pleine expansion en Russie et en Asie centrale. Le rapport donne également un aperçu des fondamentaux économiques du marché mondial des drogues illicites, avec des estimations des coûts de production et de valeur ajoutée d'un bout à l'autre de la chaîne, de la production initiale à la vente au détail finale. Dans beaucoup de pays occidentaux, l'usage de cannabis chez les jeunes s'est banalisé et près de 50 % des personnes nées après 1980 y ont au moins goûté. La majorité d'entre elles cesse toutefois d'en consommer passé les premières années de l'âge adulte. L'étude apprend également que des politiques spécifiques de lutte contre la production de drogue peuvent avoir des répercussions sur les zones de production. Ainsi, au cours de la dernière décennie, une partie de la production de cocaïne s'est déplacée du Pérou et de la Bolivie vers la Colombie. Le rapport décrit enfin les faiblesses du système international de collecte des données et des informations sur le problème mondial de la drogue. Alors que l'UE a investi de grandes sommes d'argent pour continuer à développer ses activités de suivi du phénomène des drogues par l'intermédiaire de son Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), il est « utopique » d'espérer que des mécanismes d'information de ce type se mettent en place au niveau international, expliquent les experts. Le rapport est disponible à l'adresse suivante: http: //ec.europa.eu/justice_home/doc_centre/drugs/studies/doc_drugs_studies_fr.htm (B.C.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES