login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9826
Sommaire Publication complète Par article 21 / 34
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Énergie

Une conférence à Budapest pour dynamiser le projet Nabucco

Bruxelles, 26/01/2009 (Agence Europe) - Si les décideurs politiques comme les compagnies énergétiques impliquées n'ont pas ménagé leurs efforts en 2008 pour donner corps au projet Nabucco, gazoduc censé acheminer le gaz des pays d'Asie centrale et de la région Caspienne en contournant la Russie pour satisfaire à terme 5% de la demande européenne de gaz, le récent conflit gazier russo-ukrainien lui a donné un nouvel élan. Quoique programmée depuis plusieurs mois par les autorités hongroises, la conférence qui réunira, mardi 27 janvier à Budapest, les représentants des gouvernements et des énergéticiens des six pays participant au projet - l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et la Turquie -, des pays fournisseurs et de transit - l'Azerbaïdjan, la Géorgie, l'Irak, le Kazakhstan et le Turkménistan - ainsi que de l'UE - le Premier ministre tchèque et président du Conseil européen Mirek Topolánek et le commissaire à l'Énergie, Andris Piebalgs - arrive à point nommé pour donner un nouveau souffle à un projet de près de 10 milliards d'euros mais dont la viabilité commerciale est très décriée s'il est exclu que le gaz iranien coule dans ses conduits. Rappelons que, d'une longueur de 3 300 kilomètres et d'une capacité maximale de 31 milliards de mètres cube, Nabucco doit acheminer le gaz d'Asie centrale vers l'Autriche via la Géorgie et la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. Programmés pour débuter cette année et s'achever en 2012, les travaux seront entrepris par un consortium regroupant six compagnies énergétiques, l'autrichien OMV, le hongrois MOL, le roumain Transgaz, le bulgare Bulgargaz, le turc Botas et l'allemand RWE.

À la lumière de la récente crise gazière qui a menacé la sécurité énergétique de l'UE, la conférence de Budapest suscite de grandes attentes. Les progrès d'un projet censé réduire la dépendance européenne à l'égard du gaz russe ont en effet été très lents en 2008. Nabucco rencontre encore d'importants obstacles politiques et économiques. Avec la Turquie tout d'abord. En visite à Bruxelles le 19 janvier, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a menacé de bloquer le projet si Chypre continue de faire barrage au chapitre « énergie » des négociations d'adhésion de son pays à l'UE, avant de se rétracter peu après. Sont également en cause les conditions du transit du gaz par la Turquie et qui font l'objet de tractations, notamment avec la Commission européenne. Ankara réclame en effet une clause de transit aux termes de laquelle les opérateurs de Nabucco permettraient à la Turquie d'acheter à un tarif préférentiel 15% du gaz transporté par le gazoduc. Or, les partenaires de Botas ne veulent pas que la Turquie utilise le gaz qui coulera dans Nabucco, seulement qu'elle en assure le transit. Une question qui, de source turque, pourrait être réglée à Budapest.

Si les désaccords avec la Turquie ont entravé les progrès vers un accord intergouvernemental qui fixerait les conditions à long terme du projet, ils ne sont pas les seuls. Nabucco est confronté à un obstacle majeur, l'absence de volonté politique des pays participants et fournisseurs due aux incertitudes sur la viabilité commerciale d'un gazoduc dont l'approvisionnement pourrait, sans gaz iranien, être insuffisant. En outre, Nabucco entre en compétition avec un projet alternatif russe conduit par le gazier Gazprom, South Stream. Sans garanties sur un approvisionnement sûr et un accord intergouvernemental, le financement du projet reste incertain, les banques étant peu disposées à fournir l'argent tant que les conditions à long terme du projet ne sont pas fixées. Les fournisseurs potentiels, l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan, sont quant à eux peu disposés à participer au projet tant que le financement n'est pas garanti et le pipeline mis en place. L'Iran, qui a pourtant fait part de son souhait de fournir le gaz, est pour le moment une solution diplomatiquement inacceptable aux yeux de l'UE comme des États-Unis qui soutiennent le projet.

Si la conférence de Budapest devait seulement accoucher d'une feuille de route, celle-ci pourrait donner davantage de clarté et de garanties aux institutions financières comme la BEI qui, représentée à Budapest par son président Philippe Maystadt, a été appelée lundi à soutenir financièrement le projet. (E.H.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE