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Bulletin Quotidien Europe N° 9786
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

L'UE face à la double interprétation des résultats du Sommet du G 20

Un commencement. Parmi les deux interprétations des résultats du Sommet du G 20 sur la crise financière, laquelle est plus proche de la vérité ? Les uns ont mis l'accent sur la concordance des objectifs dont ont fait état les pays industrialisés, les pays émergents et les pays en développement ; d'autres, sur le caractère très général et répétitif des principes énoncés. Nécessité d'une relance coordonnée de l'activité économique ; meilleure régulation des marchés financiers pour qu'une telle crise ne puisse jamais se reproduire ; gouvernance économique mondiale plus efficace et plus juste: qui pourrait s'opposer à ces bonnes intentions? Mais tout devient moins clair dès que l'on aborde les actions à entreprendre. Révision du rôle et des pouvoirs du Fonds monétaire international ? Ce sera à l'ordre du jour du Sommet suivant, au printemps prochain. Meilleure régulation des marchés financiers ? Bonne idée, mais en évitant les excès de réglementation. Et ainsi de suite. On comprend les réactions sceptiques de certains milieux financiers et économiques.

Mais en même temps le fait en lui-même que ce Sommet a eu lieu, que les pays émergents et les pays en développement y étaient représentés ensemble et qu'ils le seront aussi à l'avenir, et qu'un texte commun affirmant les grands principes a été souscrit, représente un message significatif pour les opinions publiques ; et l'on sait à quel point cet aspect est essentiel pour le retour de la confiance. La définition correcte est alors celle du président du Parlement européen: un signal positif. Il était nécessaire, il est utile mais ce n'est qu'un commencement. Pour les mesures opérationnelles, il faut d'abord attendre les options que retiendra le nouveau président des États-Unis, qui participera au prochain Sommet en avril.

En attendant, les mesures adoptées et les initiatives annoncées restent essentiellement nationales, en Chine comme en Inde, en Russie comme ailleurs. Et l'UE ? Les orientations des États membres devraient converger de plus en plus et l'élément européen jouer le rôle qui est le sien. Mario Monti vient de déclarer que la recette est en Europe évidente: c'est l'UE, avec ses mécanismes et ses institutions, avec sa monnaie et sa Banque centrale, et avec le Parlement qui offre la base démocratique. Toutefois…

Deux réponses différentes. Les crises financière et économique sont liées mais la réponse ne peut pas être uniforme. Face à la crise financière, l'UE doit se doter d'un système vraiment communautaire, couvrant aussi bien les règles que la surveillance. En revanche, au stade actuel de l'intégration européenne, la réponse à la crise économique ne peut pas être unique car les situations nationales ne le sont pas. On parle souvent de divergences entre les États membres sur les orientations à suivre, en déplorant l'absence d'homogénéité et en accusant tel ou tel État membre d'absence d'esprit européen. C'est, à mon avis, inexact et parfois démagogique. Les pays qui ont réduit leurs déficits budgétaires disposent de marges de manœuvre dont les autres ne disposent pas. Il est impossible de ne pas en tenir compte ; Jean-Claude Juncker en tant que président du groupe de l'euro l'a souvent souligné et expliqué. Tout autant artificielles et démagogiques sont les tentatives d'opposer les risques d'inflation et la protection du pouvoir d'achat, alors qu'ils recouvrent la même chose. La perte de pouvoir d'achat pour les populations résulte de l'augmentation des prix, c'est-à-dire de l'inflation. Combattre l'inflation signifie défendre le pouvoir d'achat, ainsi que la stabilité de l'euro.

La revanche de l'euro, même au Royaume-Uni. Cette revanche est tellement évidente qu'on pourrait même éviter d'en parler, sinon pour souligner le revirement britannique. Ce ne sont plus seulement le Danemark, la Suède, l'Islande et les États membres de l'Est qui expriment de façon de plus en plus claire l'intention et le souhait d'adhérer à l'euro ; même au Royaume-Uni, l'orientation favorable n'est plus l'apanage exclusif d'Andrew Duff. On le comprend: la livre valait deux dollars il y a trois mois, elle vaut aujourd'hui moins d'un dollar et demi, avec les répercussions automatiques sur la valeur du produit national. On reconnaît que l'euro offre une protection bien meilleure contre les attaques de la spéculation. Mais l'opinion publique ? Selon le Financial Times, il faudrait corrompre les directeurs de certains journaux, convaincre le Parlement britannique et puis gagner un référendum… Et de conclure: « Les sondages disent que c'est impossible, mais les Britanniques sont pragmatiques ». L'Observer est encore plus explicite, et le poids excessif de l'activité financière dans l'économie britannique est à présent reconnu par tous (voir cette rubrique dans le bulletin n° 9776).

Faire partie de la zone euro signifie la stabilité monétaire. Qu'on regarde les conditions que la Hongrie a acceptées pour obtenir un prêt du FMI pour évaluer la différence. Certes, pour entrer dans l'euro, il faut le mériter et en respecter les disciplines. On commence à comprendre qu'il en vaut la peine.

(F.R.)

 

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