Bruxelles, 18/11/2008 (Agence Europe) - Comme s'en est félicité, lundi 17 novembre, le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, l'appel des dirigeants du « G-20 » à conclure les négociations multilatérales du round de Doha d'ici la fin de l'année donne une « impulsion politique » certaine aux négociateurs qui travaillent d'arrache-pied au siège de Genève pour résoudre les questions techniques laissées en suspens après l'échec de la réunion ministérielle de juillet. Le signe était attendu par de nombreux pays membres de l'OMC mais non membres du groupe très élitiste qu'est le « G20 ». « Les dirigeants du monde se sont engagés de la manière la plus claire et la plus déterminée pour conclure avec succès les négociations », estime la commissaire européenne au Commerce Catherine Ashton. Fort de cet engagement politique, un accord global, à portée de main fin juillet, apparaît de nouveau possible. Mais, le temps presse et le délai restant d'ici fin 2008, moins d'un mois et demi, pourrait se révéler insuffisant au vu des différends subsistant sur de nombreuses questions techniques. Pour ne pas perdre de temps, M. Lamy a convoqué, lundi, les responsables des trente plus importantes délégations de l'OMC, pour les presser d'accélérer leurs discussions afin de préparer les textes de compromis révisés nécessaires pour toute nouvelle réunion des ministres du Commerce. L'issue de la dernière réunion, lundi, du Comité de négociations agricoles présidée par Crawford Falconer laisse néanmoins planer des interrogations quant à la volonté des pays à l'origine de l'échec de juillet, les États-Unis et l'Inde, de bouger sur le dossier agricole et le mécanisme spécial de sauvegarde (SSM) pour l'agriculture des pays en développement ; lundi, aucun des deux n'a été en mesure de faire la moindre nouvelle proposition, demandant du temps pour consulter leur capitale. Outre le SSM, les discussions sur l'agriculture portent sur la simplification des droits de douane, les produits sensibles et le coton ainsi que la création de quotas tarifaires d'importation pour les produits sensibles. Lundi également, les pays producteurs de coton du C-4 (Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad) et 36 pays africains ont appelé à relancer le round « en ayant bien à l'esprit de traiter le coton de manière ambitieuse, rapide et spécifique ». Du côté des produits industriels (NAMA), les accords sectoriels, qui visent, sur base d'une participation volontaire, l'élimination totale des tarifs dans quatorze secteurs dont l'automobile et les textiles, sont au centre des discussions. (E.H.)