Bruxelles, 21/05/2008 (Agence Europe) - Alors que les États membres de l'UE se réuniront, jeudi 22 mai, en Coreper (initialement prévu mercredi), pour tenter d'arriver à un compromis sur la directive retour (voir EUROPE n° 9658), Amnesty International et le Conseil européen pour les réfugiés et les exilés (ECRE) unissent leurs forces pour exprimer leur refus du texte provisoirement sur la table et pour demander des améliorations. Telle qu'elle est, l'actuelle proposition de directive ne respecte pas du tout les droits fondamentaux des personnes intéressées, selon les deux organisations. « En acceptant ce texte de compromis, le Parlement européen violera son propre mandat qui est normalement de protéger les droits de l'Homme et permettra à la loi européenne d'éroder les standards internationaux en la matière », a indiqué Nicholas Beger, le directeur du bureau européen d'Amnesty. « Nous avons besoin d'une directive sur les retours, mais pas à tout prix », a de son côté estimé Bjarte Vandvik, le directeur d'ECRE. « Nous sommes particulièrement préoccupés par les périodes excessives de détention dans cette directive et par le manque de réelles opportunités pour les migrants de rentrer chez eux volontairement avant qu'ils ne soient expulsés de force », a ajouté ce dernier. Le Parlement votera le texte, le 4 juin prochain, en plénière. Si un compromis est trouvé avant l'été, la directive entrera en vigueur d'ici mi-2010 (B.C.)