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Bulletin Quotidien Europe N° 9665
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/climat

Le Parlement estime que l'état de la science justifie l'urgence d'agir et réclame davantage de mesures d'adaptation

Bruxelles, 21/05/2008 (Agence Europe) - C'est à une écrasante majorité que le Parlement européen a jugé, le 21 mai à Strasbourg, que le niveau de connaissances scientifiques acquis à ce jour sur le changement climatique et la reconnaissance de la part de la responsabilité humaine dans le phénomène sont suffisants pour ne plus douter de l'urgence d'agir. L'objectif est d'éviter les conséquences dramatiques évoquées par le 4ème rapport d'évaluation du GIEC (groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat). Suivant leur rapporteur Karl-Heinz Florenz (PPE-DE, allemand) par 566 voix pour (61 contre, 24 abstentions), les députés européens, convaincus que « la science du changement climatique est désormais bien établie », ont reconfirmé leur engagement envers l'objectif stratégique de l'UE de maintenir à 2 degrés Celsius la hausse moyenne de la température à la surface de la planète par rapport au niveau atteint à l'ère préindustrielle, ce qui exigera des pays industrialisés de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40% d'ici à 2020, par rapport à 1990, et imposera à la communauté internationale de réduire les émissions globales de 50% à 85% par rapport à 2000.

Les eurodéputés ont également jugé insuffisants les efforts actuels d'atténuation du réchauffement. Ce faisant, ils ont avalisé, en l'amendant légèrement, le rapport d'étape de la commission temporaire sur le changement climatique consacré aux conclusions sur l'état des lieux des connaissances scientifiques et aux recommandations en vue de la prise de décisions (EUROPE n° 9633).

« Pour savoir comment nous voulons avancer et pousser les autres pays à nous emboîter le pas, il faut commencer par examiner la partie scientifique. Nous avons rencontré de nombreux experts internationaux. Nous avons invité des experts critiques aussi. Ils ne sont hélas pas tous venus. Nous pouvons maintenant présenter les faits. Mon rapport n'est pas une liste de revendications mais un inventaire des données scientifiques », avait expliqué M. Florenz avant le vote. Insistant sur le fait que le changement climatique n'est « pas seulement une charge, mais une opportunité aussi », il avait appelé à une véritable « troisième révolution industrielle qui tienne compte de la durabilité des produits, de la composante sociale et du volet économique ». Il faudra attendre le rapport final de la commission temporaire, à l'issue de son mandat (prorogé jusqu'en février 2009) pour que le Parlement puisse formuler ses recommandations précises pour une politique climatique intégrée de l'UE, en tenant compte des résultats de la conférence climatique de l'ONU (COP 14, Poznan, début décembre 2008).

Si le Parlement désapprouve les « efforts déployés sans argumentation scientifique pour présenter comme douteux, incertains ou discutables les résultats des études sur les causes et les effets du changement climatique », il reconnaît que c'est le propre de la science que d'éliminer progressivement les contestations qui, à toutes les époques, accompagnent ses progrès. Partant, il estime que des recherches complémentaires visant à mieux cerner les causes et les conséquences du changement climatique mondial sont essentielles pour parvenir à une prise de décisions responsable. A ce titre, il souligne la nécessité d'approfondir les recherches sur: les répercussions du réchauffement sur la compétitivité économique, les coûts énergétiques et l'évolution sociale en Europe ; le rôle de l'utilisation des sols, celui des forêts et de la déforestation ; le rôle de l'environnement maritime ; le calcul des coûts externes du changement climatique résultant de l'industrie - et notamment des transports (sans oublier de quantifier les incidences de la pollution en provenance des transports aériens).

Le Parlement juge tout aussi nécessaire d'approfondir la recherche sur les répercussions de la politique de promotion des biocarburants, notamment sur l'aggravation de la déforestation, l'expansion des terres cultivées et l'offre alimentaire au niveau planétaire.

De même, il insiste sur la nécessité de recherche sur la physiologie des poissons de mer, notamment sous les tropiques où les travaux de recherche sont relativement moins nombreux. Il souligne qu'un accroissement des émissions de gaz à effet de serre dues à l'activité de l'homme aura un impact énorme sur les écosystèmes marins, les ressources et le secteur de la pêche, et constituera pour eux une menace grave. De même, les changements importants que connaît la température de l'eau peuvent entraîner des déplacements de groupes de population d'organismes marins, l'invasion d'espèces exotiques et la disparition d'espèces autochtones, notent les parlementaires.

Les eurodéputés jugent également indispensable de procéder à une observation exhaustive du plancher océanique et maritime qui permettra de comprendre les changements locaux ayant une incidence sur la pêche.

Au cours du débat, des voix se sont élevées (parmi les groupes UEN, IND/DEM et les non-inscrits) pour contester l'existence d'un consensus scientifique sur le rôle des activités humaines dans le réchauffement, mais elles sont restées marginales. Dans l'ensemble, le rapporteur Florenz, et le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, ont été félicités pour leur engagement dans la lutte contre le changement climatique.

Guido Sacconi (PSE, italien), président de la commission temporaire, s'est félicité « du climat d'unité très fort » entre les groupes politiques animés par les mêmes convictions, en dépit de quelques dissensions à la marge. « Le rapport final constituera un legs pour le prochain Parlement européen », a-t-il annoncé.

Au nom de la Commission européenne, Stavros Dimas, commissaire à l'Environnement, a assuré qu'il n'y avait aucun doute sur la capacité de « l'UE-15, comme de l'UE-27 » à atteindre ses objectifs de Kyoto. Mais la nécessité est bien là d'agir pour le plus long terme « par des mesures dans tous les secteurs », a-t-il souligné. Tous ont reconnu - le ministre slovène de l'Environnement, Janez Podobnik en tête - qu'un accord entre le Parlement et le Conseil sur le paquet Énergie/climat, avant les élections européennes en juin, est, à cet égard, crucial. Convaincu que l'UE restera une force motrice dans les négociations internationales, le président du Conseil Environnement a ajouté: « Nous ne pouvons être efficaces que si nous agissons au niveau mondial ». Un accord global en décembre 2009 à Copenhague sous l'égide de l'ONU, demeure l'objectif. (A.N.)

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