login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9664
Sommaire Publication complète Par article 21 / 33
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/politique regionale

Conditions de succès de la mondialisation et d'une coopération décentralisée - Derniers résultats de la convention de Tanger, par Xavier Gizard

Tanger, 20/05/2008 (Agence Europe) - « La mondialisation n'a pas effacé les facteurs endogènes de développement » (Michel Vauzelle, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur). « La coopération décentralisée n'est pas un à côté, un amusement dans la stratégie de développement régional de la région Tanger-Tétouan. Elle en est un élément intégré » (Abdelhadi Benallal, président du Conseil régional de Tanger-Tétouan). C'est autour de ces deux commentaires que Xavier Gizard, secrétaire général de la CRPM et du FOGAR, a structuré la synthèse des travaux des ateliers, qui se sont déroulés mardi 13 mai à Tanger dans le cadre de la deuxième convention internationale pour une approche territoriale du développement (EUROPE n° 9663, 9661 et 9659).

Mondialisation. Pour ce qui est du commentaire de M. Vauzelle, Mario Pezzini (OCDE) l'a répété à travers les nouvelles disparités régionales et territoriales. Il a confirmé que c'est au niveau régional que se gagne une partie des points de croissance. Encore faut-il des conditions de mobilisation et de revalorisation des ressources disponibles. Georges Canelos (Alaska) a insisté sur les inégalités territoriales nord-américaines. Le premier mot-clé qui ressort des tables rondes et des ateliers, c'est l'appropriation locale et régionale du développement, a noté Xavier Gizard. Mais attention au mythe de la proximité, a averti Carolina Mayeur (agence espagnole de coopération). L'appropriation locale et régionale requiert, pour que cela fonctionne, les conditions suivantes, a expliqué Xavier Gizard:

un outillage méthodologique et des compétences humaines qui rendent possible le rôle d'animation et de coopération des collectivités territoriales ainsi que la constitution de partenariats fructueux comme composante de la société régionale. « Une bonne gouvernance locale » est un sujet qui a été largement traité par l'atelier consacré à la « recherche et à la formation », et notamment par Wilmer Encalada (Amérique latine), Ahmed Arafa (Maroc) et par l'atelier « Asie » ;

les démarches entreprises doivent aussi faire l'objet d'échanges de bonnes pratiques de capitalisation et d'évaluation. Ceci a été souligné par l'atelier « économique et social ». C'est au cœur de ce nécessaire outillage que se situent les programmes Art Gold développés sur les cinq continents (ceci a été développé entre autres par Philippe Cichowlaz, Carolina Mayeur, les ateliers « Afrique », « Amérique latine », « Asie ») ;

au-delà des conditions locales, ce sont des conditions nationales qui rendront possible le succès des stratégies régionales de développement, d'abord parce qu'on ne fait pas de stratégie nationale sans la macro-économie et sans une stratégie nationale de développement, comme l'a dit Abdelhadi Benallal. Pas plus sans un cadre institutionnel national qui permette une initiative régionale. Le ministre d'État marocain Mohammed El Yazghi a illustré cela en décrivant la stratégie de décentralisation et de développement de son pays ;

il faut aussi une gouvernance multi-niveaux pour que la décentralisation fonctionne. Gordon Keymer, vice-président du Comité des régions, a fait remarquer que « la gouvernance multi-niveaux ne se limite pas aux frontières de l'UE. C'est une référence sans être un modèle à dupliquer » ;

il faut aussi des conditions nationales financières qui fassent qu'une partie de la ressource publique revienne aux autorités nationales, et autant que possible sans pré-affectation. Ceci a notamment été souligné par l'atelier « Afrique », à propos d'un instrument financier pour l'Afrique de l'Ouest, par Mario Pezzini et Abdourahim Agne (Sénégal) ;

il faut aussi des conditions juridiques, en particulier la capacité de maîtrise de l'ouvrage pour les collectivités régionales de façon à ne pas s'en remettre à d'autres pour leurs projets, a souligné Ahmed Arafa ;

l'accent a également été mis par les participants sur les conditions institutionnelles supranationales nécessaires au déploiement d'une stratégie nationale de développement. Ceci vaut en cas de problèmes transfrontaliers, a noté Alexandre Padilha (Brésil). L'expérience européenne a été soulignée par le Néerlandais Lambert van Nistelrooij (député européen du PPE-DE et président de l'association des régions transfrontalières européennes) ;

il y a aussi l'échelon des organisations, des regroupements politiques et économiques continentaux et sous-continentaux qui prend de plus en plus d'importance. Danuta Hübner, la commissaire à la Politique régionale, a apporté l'expérience de la politique régionale européenne, ce passage d'une approche sectorielle à une approche territoriale intégrée. Ceci a été partagé par Georges Canelos, Abdourahim Agne et Hamza Ahmadou Cissé (Afrique de l'Ouest) ;

l'échelon mondial est important pour poursuivre les objectifs du Millénaire et faire la réforme nécessaire des Nations unies (Pablo Mandeville, président PNUD en Uruguay, José Antonio Gonzalez Mancebo, PNUD à New York). Revient aussi sur la scène mondiale le besoin de cette chaîne continue de bonne gouvernance entre tous les échelons animant les politiques publiques comme « squelette qui tient un corps humain ». Nicolas Levrat, directeur de l'Institut européen de l'université de Genève, en a fait la synthèse à travers les formes institutionnelles et non-institutionnelles de présence des régions. La CRPM, le FOGAR, les organisations du FOGAR en sont de bons exemples. Le Comité des Régions (CdR), le Comité consultatif du Mercosur sont de bonnes représentations institutionnelles.

Coopération décentralisée. Comme souligné par M. Benallal, la coopération décentralisée « est une composante intégrale d'une stratégie de développement régional dans un monde ouvert ». C'est un instrument indispensable, a estimé le président de la Junta catalane. C'est un instrument primordial de la politique de cohésion pour la Méditerranée, a souligné l'atelier méditerranéen. L'idée qui a été mise en avant est celle d'une « charte de la coopération décentralisée ». La socialiste française et experte auprès du Comité des régions, Juliette Soulabaille, a indiqué que l'UE travaillait pour l'instant sur un projet de « Charte européenne d'appui à la gouvernance locale des politiques de développement », qui devrait être adoptée à Strasbourg en novembre 2008, lors des Journées européennes du développement, sous Présidence française de l'Union. Le FOGAR et la CRPM sont actuellement associés à la rédaction de ce projet de Charte.

Au cours des débats, Manuel Chavez Gonzalez, président de la région Andalousie, a noté que la mondialisation financière, la crise alimentaire, l'immigration, le changement climatique sont des fléaux qui exigent des actions. Cela suppose qu'il faut « renforcer le multilatéralisme, la coopération internationale, les organisations régionales, avancer dans la mondialisation comme le FOGAR ». « Avec la politique de cohésion, on a pu se réapproprier une conscience européenne. La politique de cohésion doit s'adapter aux besoins et caractéristiques spécifiques des territoires », a-t-il commenté.

Pour le président de la région Rabat-Salé-Zemmour-Zaër et secrétaire général de l'association internationale des régions francophones (AIRF), Abdelkédir Berkia, « l'avenir du monde dépend des nouvelles politiques de cohésion territoriale à l'échelle mondiale. Ceci dépend de la volonté politique de solidarité internationale avec les pays du sud. Il faut un contrat interplanétaire. Les régions sont des acteurs à part dans un monde juste et équitable ». (G.B.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES